Rodin

L’exposition du Centenaire

Jusqu’au 31 juillet 2017

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Pour acheter le catalogue de l’exposition : 

Galeries nationales du Grand Palais, Entrée Clémenceau, Paris 8e

Le Grand Palais rend hommage à Auguste Rodin (1840-1917) à l’occasion du centenaire de sa mort. L’exposition met en avant l’univers créatif du sculpteur et sa postérité artistique.

Rodin est une pierre angulaire de l’histoire de l’art, comme peuvent l’être après lui Picasso et Monet. Il est reconnu dans le monde entier dès son vivant et sa renommée n’a pas faibli aujourd’hui. Tant auprès du public que des artistes qui ont puisé leur inspiration dans son oeuvre.

« Rodin reste l’arbre monumental qui fait une ombre très longue : il est difficile de trouver un morceau du monde qui ne soit pas connecté à l’arbre ou à l’ombre qu’il porte » (Antony Gormley, 2017).

Sa puissance vient du fait qu’il s’intéresse à tous les aspects de la sculpture et réalise avec dextérité assemblages, collages, figures partielles. Pratiques qui seront reprises par Matisse et Picasso. Ses disciples, tels Antoine Bourdelle, Wilhelm Lehmbruck et Ossip Zadkine, pousseront plus loin ses exagérations, déformations  et amplifications du modelé.

 

A partir des années 1880, Rodin anime l’art sculptural qui passe d’un statut académique à une nature expressive. L’artiste parvient à traduire à travers ses moulages toute l’expressivité des passions humaines. « La masse sculpturale s’anime d’une énergie vitale propre tandis que la surface laisse transparaître avec plus ou moins d’impétuosité l’effervescence intérieure. La houle des émotions affleure l’épiderme de la matière », commente Catherine Chevillot (conservateur général du patrimoine, directrice du musée Rodin), commissaire générale de l’exposition.

Rodin a très vite compris l’importance du marché de l’art. Il se construit un réseau de collectionneurs, cajole la presse, multiplie les expositions, dans un Paris où le marché de l’art est en pleine croissance. La présentation de son oeuvre en 1900, en marge de l’Exposition Universelle, crée « une onde de choc ». L’artiste présente des séries d’oeuvres en plâtre – matériau qu’il privilégie car matière immaculée faisant ressortir la lumière -. Il dévoile également ses différentes approches de la sculpture : assemblage de parties incongrues, répétition des éléments, fragmentation des formes.

Au fil des ans, Rodin se consacre de plus en plus au dessin. En 1902, il en expose une série importante à Prague, ici partiellement reconstituée avec des peintures illustrant le public admirant les oeuvres du Français. Son usage du dessin, indépendant de son oeuvre sculptée, devance les grands expressionnistes allemands.

« Je sais pourquoi mes dessins ont cette intensité […] », affirmait Rodin vers 1900, « c’est que je n’interviens pas. Entre la nature et le papier, j’ai supprimé le talent. Je ne raisonne pas, je me laisse faire… C’est l’aboutissement de ma vie. »

Parallèlement, Rodin exploite la photographie en retouchant ses tirages, qui sont ensuite intégrés à son processus créatif. Après 1945, Henry Moore portera à son paroxysme cet usage de la photographie.

Après la Seconde Guerre mondiale, Rodin surprend encore : il associe des figures de plâtre à des vases antiques ; présente des mouvements de danse d’une vitalité étourdissante ; moule la robe de chambre de Balzac, présentée seule, sans corps à l’intérieur, et pourtant tellement vivante.

Le parcours se clôt sur les influences de l’expressivité rodinienne chez des artistes comme Germaine Richier, Alberto Giacometti, Willem De Kooning, qui affirment le poids de la matérialité et de la spontanéité face à l’art conceptuel.

La salle qui m’a le plus impressionnée est l’une des toutes premières avec Le Penseur de Rodin en contrepoint de son pendant imaginé par Georg Baselitz [Volk Ding Zero (Chose populaire zéro), 1916/19]. Tout au long du parcours, on mesure à quel point Rodin a inspiré les artistes toute génération confondue. L’oeuvre de Rodin n’arrêtera pas de nous surprendre au fil des expositions qui lui sont consacrées.

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