Monet collectionneur

Chefs d’oeuvre de sa collection privée

Jusqu’au 14 janvier 2018

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Catalogue de l’exposition : 

Musée Marmottan Monet, 2 rue Louis-Boilly, Paris 16e

Le plus célèbre des impressionnistes, Claude Monet (1840-1926), était aussi un collectionneur des plus secrets. Passant par des courtiers, son nom ne figurait pas sur les procès verbaux des actes de vente. Pour reconstituer la collection cachée du peintre, Marianne Mathieu (directrice adjointe du Musée Marmottan Monet) et Dominique Lobstein (historien de l’art) ont mené l’enquête !

« Vous vous étonnez de ne voir chez moi que ma peinture et mes estampes japonaises ? … et pourtant, j’ai aussi ma collection. […] Seulement, je suis un égoïste. Ma collection est pour moi seul… et pour quelques amis », avouait Claude Monet (Marc Elder, A Giverny chez Claude Monet, 1924, p. 70).

Légataire universel du fils du peintre, dépositaire du premier fonds mondial d’oeuvres de Claude Monet, le musée Marmottan Monet a entrepris de rassembler la collection personnelle du chef de file des impressionnistes, en partie dispersée à sa mort. Les commissaires ont mis plusieurs années à reconstituer l’ensemble et établir la date et les circonstances dans lesquelles peintures, dessins, sculptures sont entrés à Giverny.

Le parcours retrace les différentes étapes de la constitution de la collection. Dans sa jeunesse, Monet n’a pas les moyens de s’offrir des toiles. Il en reçoit quelques-unes en cadeaux – portraits de lui-même et de sa première épouse, Camille, peints par des proches. Figurent dans cette première section une imposante toile de Manet, Monet peignant dans son atelier (Staatsgalerie, Stuttgart) et Madame Monet et son fils, 1874, de Renoir (National Gallery of Art, Washington).

Vient ensuite le temps des échanges et de la reconnaissance mutuelle. Monet offre Belle-ile-en-Mer (1886) à Rodin, contre le bronze Jeune mère à la grotte. Le peintre possède également le plâtre Bacchantes s’enlaçant, dédicacé sur la base « Au grand maître C. Monet, son ami Rodin » (il faut allumer la lumière de son portable pour pouvoir la déchiffrer !). Oeuvre présentée pour la première fois au public.
Dans cette section sont également montrées des oeuvres de Caillebotte, qui a initié Monet au jardinage (Chrysanthèmes blancs et jaunes, jardin du petit Gennevilliers, 1893) et à la voile, et Berthe Morisot (Julie Manet et sa levrette Laërte, 1893).

Monet sélectionne avec soin les oeuvres qui enrichissent sa collection. C’est particulièrement le cas de Paysannes plantant des rames, 1891, de Pissarro (Museums Sheffield), destiné par Pissarro au musée du Luxembourg – tremplin pour accéder au musée du Louvre -, et que Monet choisit en remerciement de l’aide apporté à son ami pour l’achat de sa maison. Pourquoi cette oeuvre néo-impressionniste – style réfuté par Monet qui a conduit à l’éclatement du groupe impressionniste ? « Le choix de cette oeuvre montre une ouverture d’esprit qu’il ne veut pas avouer publiquement », selon Marianne Mathieu.

A partir des années 1890, la situation financière de Monet s’embellit. L’artiste achète de nombreuses toiles. Il acquiert des oeuvres de ses prédécesseurs, envers lesquels il reconnaît une dette esthétique : Jongking (Rue en Avignon, Musée Marmottan Monet), Boudin (Le Clocher de Sainte-Catherine, Honfleur, vers 1897), Corot (Ariccia, Palais Chigin 1826/27, Baden, Museum Langmatt). Monet se fournit auprès des marchands de Renoir et de Cézanne qui sont les deux artistes les mieux représentés de sa collection.

« Il choisit des artistes qui ont les mêmes préoccupations que lui, mais qui apportent des réponses différentes », précise la commissaire de l’exposition. Peintre de paysage et de l’instantané, Monet acquiert des toiles avec figures qui incarnent la permanence : Jeune fille au bain (Metropolitan Museum of Art, New York) de Renoir pour 6500 francs. Des oeuvres orientalisantes : Mosquée. Fête arabe (musée d’Orsay, Paris) et Mme Clémentine Stora en costume algérien, 1870, de Cézanne. Est exposé également Neige fondante à Fontainebleau, de Cézanne, seule oeuvre pour laquelle Monet accepte de voir son nom inscrit dans le procès verbal de vente (acquise pour 6750 francs).

Le parcours se termine sur une sélection d’estampes japonaises provenant de la maison Giverny, aspect le mieux connu de sa collection, et pourtant considéré comme ayant le moins de valeur à la mort du peintre (idem pour les Nymphéas !). Son fils Michel vend à prix d’or dès 1927 les Corot, Cézanne, Renoir, Manet, dispersant ainsi la collection…

L’histoire de cet ensemble révèle une passion privée qu’il est fascinant de découvrir. Grâce au travail minutieux des commissaires, les oeuvres en provenance des quatre coins du monde, sont temporairement rassemblées, pour notre plus grand plaisir.

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