Jardins

« Si vous possédez une bibliothèque et un jardin, vous avez tout ce qu’il vous faut » (Cicéron)

Jusqu’au 24 juillet 2017

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Pour acheter le catalogue de l’exposition : 

Galeries nationales du Grand Palais, accès par le square Jean Perrin, Paris 8e

Le Grand Palais organise une exposition sur le patrimoine vert : les jardins, thématique habituellement absente des institutions culturelles. Pourtant, d’après Michel Foucault, « Le jardin, c’est la plus petite parcelle du monde et puis c’est la totalité du monde ».

L’exposition mêle histoire de l’art et avancée scientifique, en Europe – plus particulièrement en France – de la Renaissance à nos jours. La présence de bordures, matérialisées par un cadre mural, permet d’observer certaines oeuvres avec recul tout en les protégeant, et donnent l’impression de regarder un jardin comme on le ferait depuis une fenêtre. Les différentes sections évoquent les thèmes associés au jardin : humus, botanique, arboretum, jardiniers, perspectives, promenade, belvédère, allée, bosquets, etc.

Le parcours débute par une citation de Louis Aragon (« Tout le bizarre de l’homme, et ce qu’il y a en lui de vagabond, et d’égaré, sans doute pourrait-il tenir dans ces deux syllabes : jardin »). Située au-dessus d’une fresque de la Maison du Bracelet d’or de Pompéi (30-35 après J.-C.), prolongement du vrai jardin de la villa – moyen d’immortaliser un printemps radieux, avec son lot de fleurs et d’oiseaux (hérons, rossignols). Chaque élément végétal se réfère aux cultes de Déméter (coquelicot), d’Apollon (laurier), de Vénus (rose, oléandre), de Cybèle (pin).

La visite-promenade se poursuit avec la mosaïque de 400 exemplaires de sol prélevés par l’artiste japonais Kôichi Kurita le long de la Loire, de sa source à son estuaire (Soil Library, 2017). Faisant face à des reconstitutions en cire et céramique d’agrumes (entre 1775 et 1793). Ensuite, des photographies de d’Anna Atkins (1845) correspondent avec des aquarelles de Dürer (15e siècle).

Patrick Neu se concentre chaque année sur la courte floraison des iris (fin des années 1990) tandis qu’Eric Poitevin imprime sur jet d’encre des fleurs (Sans titre, 2016) dont la ressemblance avec un véritable herbier est troublante.

Mary Delany invente à la fin du 18e siècle la « mosaïque de papier », permettant de représenter des plantes grâce à de minuscules papier de soie, colorés à la main et collés sur un fond noir. La Fête à Saint-Cloud de Fragonard (vers 1775/80) témoigne de l’importance du jardin pittoresque à cette époque ; les arbres représentés en masses immenses mais aériennes, apportent une sensation de grandeur paisible et protectrice.

Le 20e siècle est évoqué à travers Le Déjeuner de Monet (vers 1873) qui témoigne de l’ambition décorative de la peinture impressionniste. Le jardin de la maison que l’artiste loue à Argenteuil s’inspire des jardins publics urbains avec son banc et ses massifs.

Picasso peint le portrait de Marie-Thérèse, nue dans un jardin (1934), qui devient synonyme de l’intime, à l’encontre d’un paysage ouvert et indéterminé. Le jardin fusionne avec le corps de la jeune femme qui par l’évocation du plaisir confère une valeur universelle métaphorique à l’oeuvre.

Matisse se crée un jardin intérieur avec des papiers découpés, tout comme Philipp Otto Runge.

Magritte interroge dans Le Grand Style (1951) la fragilité du monde perdu dans l’immensité de la galaxie, en représentant une plante (partie) portant une fleur bleue en forme de Terre (tout).

Le parcours se clôt sur les images du jardin planétaire de Gilles Clément (paysagiste écologiste qui a notamment réalisé le jardin du musée du quai Branly) et un poème de Verlaine (« Ayant poussé la porte étroite qui chancelle, /Je me suis promené dans le petit jardin /Qu’éclairait doucement le soleil du matin, /Pailletant chaque fleur d’une humide étincelle. »).

Plus de 450 oeuvres permettent d’apprécier cette exposition immersive, où l’humain est peu représenté. Les oeuvres sont majoritairement fascinantes, du début à la fin. Il n’y a aucune salle que l’on a envie de traverser plus vite ! Le parcours allie connaissances, citations poétiques et plaisir d’observer la représentation de la nature. Ne manque que la bouffée d’oxygène que peut apporter une réelle promenade en extérieur !

 

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