Gauguin

L’alchimiste

Jusqu’au 22 janvier 2018

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Catalogue de l’exposition : 

Galeries nationales du Grand Palais, entrée square Jean Perrin, Paris 8e

Les galeries nationales du Grand Palais présentent l’oeuvre protéiforme de Paul Gauguin (1848-1903). Le parcours met l’accent sur la diversité de ses sources d’inspiration, de ses supports de travail et la foisonnante créativité de son imagination.

Oeuvres impressionnistes, au premier rang desquelles celles de Camille Pissarro (mise en parallèle de La Bergère, 1881, de Pissarro, avec La Bergère bretonne, 1886, de Gauguin), travail de la céramique, art extra-européen sont autant de sources d’inspiration pour cet artiste original, qui s’identifiait à la fois à un monstre et un martyr (Autoportrait au Christ jaune, 1891). Il se comparait à la céramique, qui « calcinée dans l’enfer du four », se ramasse sur elle-même pour supporter la souffrance.

La polysémie de ses influences se dévoilent dans quelques oeuvres phares. Telle La Belle Angèle (1889), représentant « une figure bretonne, dont le visage est entouré d’un cercle japonisant. A sa gauche se situe une idole d’art sud-américain dont on ne sait si elle a réellement existé », analyse Ophélie Ferlier-Bouat (conservateur sculpture, musée d’Orsay), co-commissaire de l’exposition. Ou encore La Vendange ou La Pauvresse (188) où les figures bretonnes se mêlent à une scène arlésienne de vendanges, inspirée – « mais non influencée » précise la commissaire – d’une oeuvre de Van Gogh.

Le parcours aborde les techniques et méthodes de travail de Gauguin grâce à des mini-sections dans lesquelles sont présentées des vidéo documentaires.

Après la période bretonne viennent les paysages tahitiens. « Je vais à Tahiti et j’espère y finir mon existence », écrit Gauguin à Odilon Redon (septembre 1890). « Je juge que mon art que vous aimez n’est qu’un germe et j’espère là-bas le cultiver pour moi-même à l’état primitif et sauvage. »

L’artiste y mène une réflexion sur la nature habitée où la figure de l’homme est en contact avec la nature. « Toujours ce silence.  Je comprends pourquoi ces individus peuvent rester des heures, des journées assis dans dire un mot et regarder le ciel avec mélancolie. Je sens tout cela qui va m’envahir. » (Gauguin à son ami Daniel de Monfreid, août 1892).

Une section dévoile le manuscrit Noa Noa (Embaumé, « ce qu’exhale Tahiti », précisera l’artiste), conservé au musée d’Orsay mais très fragile et rarement exposé. Dès son arrivée à Tahiti, Gauguin pense écrire un livre qui relate les impressions de son voyage. Il en rédige une ébauche entre ses deux séjours sous les Tropiques. Il y mêle fiction et réalité, récit entrecoupé de poèmes de Charles Morice. Il ajoute des illustrations, des gravures, sans lien direct avec le texte. Le tout est conservé dans un album relié, que Gauguin conservera toute sa vie.

Lors de son deuxième séjour à Tahiti, son oeuvre devient de plus en plus mystique. Dès 1888, Gauguin avait écrit à Emile Schuffenecker : « L’art est une abstraction ; pensez plus à la création qu’au résultat, c’est le seul moyen de monter vers Dieu en faisant comme notre Divin Maître, créer. »
A Tahiti, à  partir de traditions orales, Gauguin réinvente des idoles telle la figure de l’inquiétant Esprit des morts qui vient tourmenter les vahinés.

La section finale dévoile les recherches décoratives de l’artiste – obsession de sa dernière période – qu’il s’agisse d’intérieurs tahitiens ou la représentation d’une nature luxuriante (Rupe Rupe dit aussi La Cueillette des fruits, 1899). Oeuvre d’art totale, sa case à Hiva achève sa quête d’un âge d’or primitif. Elle est présentée pour la première fois avec les sculptures qui ornaient son entrée.

J’ai particulièrement apprécié cette exposition, qui suit certes un fil chronologique, avec peu de croisement d’oeuvres, mais qui reste captivante du début à la fin du parcours. L’angle choisi permet de mieux appréhender l’oeuvre de Gauguin, sans qu’elle ne livre entièrement ses mystères. La preuve, s’il en était, du génie de l’artiste !

 

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