Portraits à la cour des Médicis

Ridolfo del Ghirlandaio, Dame au voile (la "Monaca"), 1510-1515 env. Huile sur toile. Florence, Galerie des Offices © Soprintendenza Speciale per il Patrimonio Storico Artistico ed Etnoantropologico e per il Polo Museale della Città di Firenze - Gabinetto FotograficoFlorence

Jusqu’au 25 janvier 2016

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Catalogue de l’exposition : 

Musée Jacquemart-André, 158 boulevard Haussmann, Paris VIII

Le musée Jacquemart-André clôt son troisième volet consacré à l’art italien, après « Le Pérugin » et « De Giotto à Caravage« , en consacrant une exposition à l’art du portrait à Florence, à l’orée du XVIe siècle.

Le parcours se scinde en trois parties chronologiques : Naissance de la République florentine, vers l’âge d’or du portrait (1492-1512) ; Le faste des portraits de cour (1539-1574) ; Noblesse du grand portrait (1574-1600).

Pour Carlo Falciani, commissaire général de l’exposition, 1492 marque un tournant dans la vie florentine. Il s’agit de la date de mort de Laurent de Médicis. Deux ans plus tard, Charles VIII entre en Italie et les Médicis sont chassés du pouvoir. Botticelli brûle ses dessins profanes. C’est le début du maniérisme ou plutôt, comme Mr Falciani préfère l’appeler, de « la manière moderne ». Début d’une ère austère aussi comme nous le montre le portrait de Savonarole – frère dominicain qui instaure une dictature théocratique à Florence de 1494 à 1498 – réalisé par Fra’Bartolomeo.

Fra’ Bartolomeo, Portrait de Savonarole, 1498-1499. Huile sur bois. Florence, Musée de San Marco © Soprintendenza Speciale per il Patrimonio Storico Artistico ed Etnoantropologico e per il Polo Museale della Città di Firenze - Gabinetto Fotografico

Cependant, les Médicis parviennent à reprendre le contrôle de Florence en 1531. Vasari (1534) représente ainsi Alexandre de Médicis, en guerrier héroïque, face à l’objet de son désir : Florence. Et Agnolo Bronzino peint le portrait de Côme Ier de Médicis en armure (avant 1560). Cette guerre menée par les Médicis pour la reconquête de Florence aura fait 20.000 morts.

Agnolo Bronzino et atelier, Portrait de Côme Ier de Médicis en armes, avant 1560. Huile sur étain. Florence, Galerie des Offices © Soprintendenza Speciale per il Patrimonio Storico Artistico ed Etnoantropologico e per il Polo Museale della Città di Firenze - Gabinetto Fotografico

Une fois la paix rétablie, les portraits témoignent du faste de la cour des Médicis. Cette fois-ci, Côme Ier est représenté serein, en tenue d’apparat tandis que les femmes arborent bijoux et tenues aux tons chauds (cf. le portrait d’Eléonore de Tolède de Bronzino et celui d’une Jeune femme au bouquet de fleurs de Girolamo Macchietti).

Agnolo Bronzino, Portrait d’Eléonore de Tolède, 1522. Huile sur bois. Prague, NárodnÍ Galerie © National Gallery of Prague 2014

Les références ne sont plus guerrières mais se font littéraires et musicales. Andrea del Santo peint une jeune femme tenant un livre et montrant du doigt un poème de Pétrarque tandis que Francesco Salviati représente un luthiste (1527/30). Ces portraits incarnent la beauté de l’âme et non celle du visage. Les figures sont idéalisés et allégoriques. « Ce type de portrait est typiquement florentin », commente Caro Falciani, « il ne s’exporte ni à Venise où est établi Le Titien, ni à Rome ».

L’exposition se clôt sur le portrait réalisé par l’atelier de Tito de Marie de Médicis, qui deviendra reine de France et de Navarre par son mariage avec Henri IV. Portrait de pied de rigueur et non plus simple représentation de visage comme au début du XVIe siècle.

Santi di Tito et atelier, Portrait de Marie de Médicis, 1600 env. Huile sur toile. Florence, Galleria Palatina © Soprintendenza Speciale per il Patrimonio Storico Artistico ed Etnoantropologico e per il Polo Museale della Città di Firenze - Gabinetto Fotografico

Si l’exposition ne comporte qu’une seule sculpture (question de place !) et un seul dessin préparatoire, celui du visage de Ritratto di Stefano Colonna, réalisé par Agnolo Bronzino, il est exposé pour la toute première fois à côté de son tableau. A noter aussi la présence d’une oeuvre rare : Portrait d’une femme en jaune (vers 1529/30) d’Andrea del Sarto, provenant de la Windsor Royal Collection et prêté par Londres un titre exceptionnel…après trois ans de discussions (tractations ?!!).

Plus que la magnificence des portraits, la problématique qui offre trois niveaux de lecture : historique, stylistique et émotionnelle (elle raconte l’histoire des passions entre les hommes et femmes représentés) m’a particulièrement intéressée. A ne pas rater : le film d’Hector Obalk (dans la salle adjacente à l’exposition) sur le rôle des mains, qui « composent souvent la partie la plus intelligente des oeuvres maniéristes ». Il décrypte la position des mains et leur symbolique en fonction des peintres ; captivant.

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