Tous à la plage !

L’été à la Grande Motte, photographie par Pierre Riby, architecture par Jean Balladur. Carte postale Yvon. ©dr © Adagp, Paris, 2016Venez voir les châteaux de sable faits par les grands

Jusqu’au 13 février 2017

(Evitez les files d'attente: achetez vos billets en ligne en cliquant ici !)

Catalogue de l’exposition : 

Cité de l’architecture & du patrimoine, 45 avenue du président Wilson, Paris 16e

La Cité de l’architecture & du patrimoine relate la conquête progressive des bords de mer, de l’initiative anglaise à l’utopie des villes flottantes.

Depuis le XVIIIe siècle, les aristocrates séjournent en hiver sur les côtes ensoleillées (Nice est la première station d’hiver en Europe), puis sous l’impulsion de George IV – féru de bains de mer à Brighton – elles y passent l’été.

Cabine royale, Saint Sébastien (Pays-Basque, Espagne), Charles Chusseau- Flaviens. Photographie, 1908. © George Eastman Museum

La ville balnéaire naît dans les années 1730, sur les côtes anglaises et développe un modèle associant lieu de villégiature et de divertissements (casino, lieux de promenade) qui se répand dans toute l’Europe, jusqu’à la crise de 1929. Elle est fondée par des investisseurs et des promoteurs.

Sa première vocation est thérapeutique : les aristocrates puis les bourgeois enrichis par le commerce et l’industrie viennent s’oxygéner, “prendre les eaux”, pour décrasser leurs poumons de la pollution urbaine.

Cabine de bains hippomobile, Arcachon, (Gironde, France). Photographie d’Alphonse Terpereau, 1864. © Archives Municipales d’Arcachon–Reproduction: Jean-Christophe Lauchas

Sur les rivages à fortes marées, les bathing machines – roulottes en bois tirées par des chevaux – permettent de se changer à l’abri des regards puis de s’immerger à l’aide d’un maître-baigneur. Sur les littoraux moins soumis aux marées, des cabines de bain sont construites à terre, sur des plateformes en bois (les fameuses “planches” de Normandie).
A terre, des établissements thermaux offrent des bains d’eau de mer ou d’eau chaude.
Hommes et femmes se baignent dans des zones séparées, avec des tenues de circonstance – des costumes de bain en laine – pour respecter les règles de pudeur et protéger des rayons du soleil.

Royan Express. Compagnie Internationale des Wagons-Lits. Affiche publicitaire, 1899. © Musée de Royan

Le succès d’une station dépend de son accessibilité. A partir des années 1850, le développement des chemins de fer favorise l’essor des stations balnéaires. Des trains de luxe spéciaux traversent toute l’Europe : il faut compter 30 jours pour relier Saint-Pétersbourg à Nice, 8h pour faire Paris – Bordeaux.

De manière surprenante, la journée à la plage n’est pas de tout repos ! Des guides à l’usage des baigneurs et des touristes dictent les codes sociaux et organisent les loisirs. Le bain de mer apparaît en fait comme une parenthèse dans une journée dédiée aux divertissements (courses hippiques, golf, théâtre, opéra).

Exposition d’architecture, le parcours se poursuit sur la structure des piers qui accueillent d’importants pavilions où se trouvent restaurants, théâtres et salles de bals. Les assembly rooms (salles de danse, lecture et de jeu) laissent la place à partir des années 1850 aux casinos (jeux d’argent uniquement) qui deviennent le coeur économique de la station. Après le style Belle Epoque, leurs façades se parent d’Art Déco.

Villa Marquisette, Royan (Gironde, France), Paul Quatravaux. Aquarelle, non datée. © Musée de Royan

C’est à cette période que se construisent les Grands Hôtels, usines à rêves (Hôtel Négresco à Nice), tandis que l’élite sociale acquiert des résidences maritimes aux formes pittoresques.

La crise des années 1930 bouleverse la donne : les élites fortunées fuient les stations. Progressivement, un autre modèle économique se met en place pour offrir un accès à la mer au plus grand nombre. Clubs de vacances et camping se multiplient. Le bain de mer n’est plus curatif, la plage devient un lieu de bronzage et de plaisir, où l’on vient passer ses congés payés. Avec la démocratisation de l’automobile, à partir des années 1950, les vacances estivales riment avec voitures bondées et bouchons sur la route, notamment sur la nouvelle Autoroute du Soleil !

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Après les destructions de la Seconde Guerre mondiale, il faut reconstruire. En regardant les modèles espagnols (Costa Brava), et les réalisations en Californie (Long Beach Marina), Floride (Fort Lauderdale), ou sur la mer Noire (Bulgarie, Roumanie), la France repense son littoral en tant qu’ensemble et non plus commune par commune. La planification prévoit une alternance de zones naturelles et d’espaces bâtis.

Lilypad, cité flottante et écologique pour l’accueil des réfugiés, Vincent Callebaut, 2008. © Vincent Callebaut Architectures

Le parcours se termine sur l’enjeu du patrimoine côtier, entre réhabilitation de ce qui existe déjà (la Grande-Motte) et utopie des villes flottantes (nénuphar semi-immergé proposé par Vincent Callebaut pour Monaco).

Une exposition exhaustive, qui mêle habilement histoire et architecture.

 

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