L’arroseur même pas arrosé

cL'Arnaqueur de Richard Asplin. Editions Le Serpent à plumes, 2010L’Arnaqueur de Richard Asplin
Editions Le Serpent à plumes, mai 2010, 526p., 26€

Premier roman publié en France du Britannique Richard Asplin (né en 1972), L’Arnaqueur vous surprendra par la spirale infernale dans laquelle l’auteur ose entraîner son anti-héros.  R. Asplin joue avec lui, comme un enfant qui fait faire inlassablement des pirouettes à son Maître-de-l’Univers, autant qu’avec le lecteur. Accrochez-vous bien, il en va de votre sécurité mentale!

S’inspirant de sa propre jeunesse nourrie aux héros de bande-dessinée – la revue Spiderman a été le premier livre que R. Asplin s’est offert à l’âge de 8/9 ans; il l’a lu d’une traite et affirme que sa vie en a été changée à jamais [cf. son interview (en anglais)] -, l’auteur invente un narrateur, Neil Martin, trentenaire londonien qui n’a d’autre but dans la vie que d’être un bon mari et père.

Seulement, sa vocation est sérieusement écornée lorsqu’entre dans sa boutique dédiée à la bande-dessinée (affiches, caleçons, et autre bazar qui peut faire l’objet d’un culte pour des lecteurs passionnés) un certain Christopher.

Chef d’une bande de malotrus (Henry, Pete, Linda, Julio), Christopher fait croire à Neil qu’il va résoudre ses problèmes financiers – son commerce lui rapporte peanuts. Sans compter que sa cave inondée détruit son stock et celui d’un collègue, que l’argent déposé sur un compte par Sir Edward, son riche beau-père, pour l’éducation de sa petite-fille s’envole aux mains d’une plantureuse mythomane.

Bref, le ciel s’écroule sur la tête de Neil autant que le sol vacille sous sa frêle corpulence. Mais, par amour pour sa femme Jane et leur petite Lana, il va tenter de rectifier le tir. C’est à ce moment qu’intervient, après des années de silence, son vieux copain d’école Andrew, qui, semble-t-il, était aussi amoureux de Jane…

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Alternant les rythmes narratifs, particulièrement emballés dans la dernière partie, Richard Asplin jubile à multiplier les retournements de situation. Selon lui, c’est même l’un des arguments de vente de ce roman dont le titre original est Conman (si vous avez suivi les épisodes de Lost en anglais, vous comprendrez tout de suite le sens de ce mot!). L’auteur affirme n’avoir encore jamais à ce jour rencontré de lecteur qui ait découvert la fin de l’histoire avant la dernière page. A vous de relever le défi!

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