Károly Ferenczy

Modernité hongroise

Jusqu’au 6 septembre 2026

Petit Palais, avenue Winston Churchill, Paris 8e

Le Petit Palais présente une dernière exposition orchestrée sous la direction d’Annick Lemoine – mutée au musée d’Orsay – du peintre hongrois, Károly Ferenczy (1862-1917), célèbre dans son pays natal, mais complètement méconnu en France. À tort !

Károly Ferenczy, Au sommet de la colline, 1901. Huile sur toile © Galerie nationale hongroise – Musée des Beaux-Arts, Budapest, 2026.

Son oeuvre à mi-chemin entre le naturalisme français et le symbolisme allemand, découvert à Munich, témoigne de ses voyages à travers l’Europe et de son éducation cosmopolite, typique de la fin du XIXe siècle dans les milieux aisés.

Károly Ferenczy, Le peintre et son modèle dans la forêt, 1904. Huile sur toile © Collection Barbara Czapolai

Le parcours, composé de 140 oeuvres essentiellement prêtées par la Galerie nationale hongroise et le Musée des Beaux-Arts de Budapest, met en avant son rôle majeur dans la gestation d’une école artistique moderne en Hongrie.

Károly Ferenczy, Jeunes filles cultivant des fleurs,1889. Huile sur toile. Collection particulière. Photo Tibor Master.

Issu d’une famille originaire de Vienne installée à Budapest, Károly Ferenczy étudie les paysages, les vestiges antiques et les maîtres anciens en Italie, s’imprègne du naturalisme subtil de Bastien Lepage à Paris, où il étudie quelque temps à l’Académie Julian, puis découvre le symbolisme munichois. Avant de poser sa palette à Szentendre, ville des environs de Budapest, avec sa femme, et leurs futurs trois enfants, qui deviendront tous des artistes accomplis.

Károly Ferenczy, La femme peintre, 1903. Huile sur toile © Galerie nationale hongroise – Musée des Beaux-Arts, Budapest, 2026

Sa peinture se caractérise tout au long de sa carrière par une palette de couleurs délicates, la traduction de l’harmonie entre la nature et l’homme, le quotidien simple de la vie provinciale, et surtout la réflexion du soleil sur le paysage.

Károly Ferenczy, Chant d’oiseau, 1893. Huile sur toile © Galerie nationale hongroise – Musée des Beaux-Arts, Budapest, 2026.

Les toiles vont souvent de pair, que ce soit au niveau des coloris (le rouge et le vert du Chant d’oiseau, 1893, et d’Orphée, 1894), de la thématique (celle du jardin dans Jeunes filles cultivant des fleurs, 1889 et Les Jardiniers, 1891), ou des variations atmosphériques (Paysage nuageux, la forêt de sapin d’Izvora II, 1909, et Paysage, Izvora en automne III, 1909).

Bien que non-croyant, Károly Ferenczy réalise des peintures bibliques, en situant son iconographie sacrée dans un paysage naturel comme la forêt (Les Rois Mages dans la forêt, 1898 ; Le Sacrifice d’Abraham, 1901).

Károly Ferenczy, Double portrait (Noémi et Beni Ferenczy),1908. Huile sur toile © Galerie nationale hongroise – Musée des Beaux-Arts, Budapest, 2026.

Le peintre représente fréquemment ses enfants dans des portraits familiaux et comme modèles (son fils aîné Valér pose dans Joseph vendu par ses frères, 1900). K. Ferenczy se tourne également vers les Tsiganes pour modèles, non pour leur intérêt social, mais pour le rapport de la couleur d’un costume à son environnement, qu’il s’agisse du bleu (Les Tsiganes I, 1901) ou des couleurs automnales (jaune, rouge, Au milieu des sommets, 1901).

Károly Ferenczy, Chevaux dans l’eau, 1896. Huile sur toile. Collection particulière / Courtesy Ernst Gallery, Budapest. Photo Tibor Mester.

Les représentations en plein-air, en particulier dans la communauté de Nagybánya, dominent cette oeuvre lumineuse et originale, à la croisée des chemins de plusieurs traditions artistiques. Le regard perdu au loin des sujets apporte aux oeuvres un effet méditatif. Un artiste à découvrir.

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