Lauréat du Prix HCB 2007

République Démocratique du Congo, 2008 (c) Jim Goldberg / Magnum PhotosJim Goldberg – Open See

Jusqu’au 26 juillet 2009

Fondation HCB, 2 impasse Lebouis 75014, 6€

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“3% de la population mondiale vit aujourd’hui en situation de migration et aucune région n’échappe au phénomène”, relève Marianne Amar, responsable du service histoire et recherche de la Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration. Un phénomène lié à la mondialisation, qui a ouvert les frontières et faciliter la création de réseaux transnationaux. Comme en témoigne le photographe américain Jim Golberg, lauréat du Prix Henri Cartier-Bresson (2007) qui expose Open See, sur les pays d’origine des migrants, à la Fondation HCB.

Open See s’intègre dans un cadre plus vaste, The New Europeans, documentaire sur l’exode de réfugiés, immigrants et populations victimes d’exactions au sein de leur pays natal. Tous n’ont qu’un seul mot à la bouche: l’Europe. Dans l’espoir d’y refaire leur vie. “Je veux aller en Belgique car on m’a dit que c’est un beau pays”, raconte Kolpôna, une jeune Bangladeshienne (16 ans) qui vit de 45 dollars par mois.

Entassés dans des barques, privés de nourriture et d’eau, soumis aux menaces des passeurs et des gardes-frontières, ils sont prêts à tout pour échapper aux situations de crise de leur pays. Pour la plupart, des pays totalitaires en guerre civile. Dos perforé de balles, malnutrition, maladies, souffrances psychiques s’affichent sur les visages et les corps.

En 2003, Jim Goldberg, membre associé de Magnum Photos depuis 2002, démarre Periplus à l’occasion des Jeux Olympiques d’Athènes. Il choisit de photographier les populations d’immigrés au sein du berceau de l’Europe. En Grèce, la population immigrée, essentiellement clandestine, est estimée entre 1,5 et 2 millions d’individus.

Cinq ans plus tard, grâce au prix décerné par la Fondation HCB, le photographe se rend dans les pays d’origine des migrants: l’Ukraine, l’Inde, le Bangladesh, le Liberia, la République Démocratique du Congo, le Sénégal, la Mauritanie.

“Mon travail documente les voies complexes par lesquelles les gens luttent pour affirmer leur dignité e leur intégrité quand les circonstances sociales, le temps ou la situation agissent contre eux”, commente-t-il.

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Demba's map. République Démocratique du Congo, 2008 (c) Jim Goldberg / Magnum PhotosPour rester au plus près des sujets qu’il photographie, J. Goldberg leur demande de s’impliquer dans son travail en  livrant un message. Souvent inscrit au feutre ou au typex par l’artiste sur le polaroïd.

“Choc des photos, poids des mots” pourrait-on dire pour paraphraser un certain magazine. De fait, telle est l’impression qui domine devant ces photos poignantes. Elles révèlent abruptement la détresse et le courage des immigrés, maltraités dans leurs pays d’origine. Qui ne rêvent que de paix et de liberté, totalement inconscients des misères qui les attendent dans leur pays “d’accueil”. Quand ils parviennent à l’atteindre. Ces photographies font le lien avec les hommes et les femmes que l’on côtoie quotidiennement dans le métro ou sur les trottoirs. Et sur lesquels on ne peut plus fermer les yeux quand on imagine les souffrances par lesquelles ils sont passés.

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