Munch, un peintre du nouveau siècle

Edvard Munch, l’oeil moderne

Jusqu’au 9 janvier 2012 – Prolongation jusqu’au 23 janvier 2012

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Centre Pompidou 75004

Non, Le Cri n’est pas exposé! La rétrospective que le Centre Pompidou consacre à Edvard Munch n’en est pas pour autant moins intéressante. L’exposition propose une nouvelle lecture de l’oeuvre du célèbre artiste norvégien (1863-1944) en tordant le cou à deux idées communes. C’est un peintre moderne dans la veine de ses contemporains Piet Mondrian et Vassily Kandinsky et non un peintre de la fin du XIXe siècle tel Gauguin ou Van Gogh. D’autre part, Munch n’est pas cet artiste solitaire, uniquement tourné vers sa vie intérieure, mais un homme qui aime sortir, voyager, s’intéresser aux différents médias qui se développent au tournant du siècle: photographie et cinéma.


Thématique, l’exposition dévoile à travers les 140 oeuvres la “fulgurante modernité” de Munch, généralement réduite à son oeuvre tourmentée Le Cri (Skrik, 1893). Dont la version volée du Munch-museet en 2004 a été retrouvée endommagée et ne voyagera plus. Quant à celle du Musée National d’Oslo, identifiée par la co-commissaire de l’exposition Angela Lampe, comme la “Joconde” du musée, elle ne risque pas de quitter ses cimaises!

En revanche, l’exposition dispose d’autres oeuvres phares de Munch présentées dès le début de l’exposition. L’Enfant malade, Jeunes Filles sur le pont, Vampire, Le Baiser. Ces oeuvres, ainsi que les nombreux autoportraits de l’artiste qui répond ainsi au commandement de la bohème littéraire norvégienne de l’époque: “Ecris ta vie!”, servent de fil rouge de l’exposé des commissaires.
Ces oeuvres en effet, de part la répétition quasi obsessionnelle de leurs motifs, dans l’oeuvre de Munch donne la preuve irréfutable de la modernité de l’artiste.

A cela s’ajoute leur traitement technique: des sujets proéminents en premier plan, qui semblent exploser du cadre, “comme le diable de sa boîte”, selon Clément Chéroux, co-commissaire de l’exposition. Un effet de perspective renforcé par une composition axée sur des lignes de force diagonales.

Enfin, dans ses portraits, Munch accentue la frontalité des personnages en les représentant comme des statues, figés, et en laissant la place au spectateur d’entrer sa vision dans l’espace pictural. Une expérience innovatrice, inspirée de sa fréquentation avec August Strindberg et de sa collaboration de Munch avec Max Reinhardt, fondateurs tous deux à Berlin d’un théâtre intime ou de chambre (Kammerspiele).

Autre point important souligné par C. Chéroux: l’influence de la photographie et du film dans l’oeuvre de Munch se constate certes aux nombreuses photographies qu’il a prises mais plus finement par son traitement des motifs dans ses toiles. Ainsi des effets de superposition, de flouté, de dilution des formes, de la dynamique des mouvements.
La modernité de Munch s’étend jusqu’à la tentation de l’abstraction (cf. Rétine – oeuvre peu connue du public). Très bien mise en scène, l’exposition est une véritable découverte de l’oeil de Munch, qui cherche à intensifier sa relation avec le spectateur au point de lui offrir “l’intérieur de sa vue”, selon l’expression proposée à l’époque par Max Ernst.

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Désolée pour le manque d’images. J’avais préparé une belle sélection pour illustrer chacun des paragraphes. Autant le Musée Munch nous autorisait à publier des visuels sans restriction de nombre, autant l’Adagp veille à entraver la liberté de la presse!

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