Images sans fin

Brancusi, film et photographie

Jusqu’au 12 septembre 2011

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Centre Pompidou, niveau 4, 75004

Au cours des années 1920, sur les conseils de Man Ray, Constantin Brancusi (1876-1957) réalise des photographies, puis des films, de ses sculptures. L’exposition “Images sans fin”, présentée au Centre Pompidou, explore la relation féconde que Brancusi développe entre ces trois supports artistiques. Abolissant, pour une fois, la distintion formelle que l’esprit cartésien aime tant prévaloir!

Selon Quentin Bajac, commissaire de l’exposition, Constantin Brancusi prend particulièrement conscience de “la révolution que les procédés de reproduction analogiques, film et photographie, allaient accomplir sur la perception de l’oeuvre d’art”. Ses jeux sur la lumière, les matériaux, le mouvement et le cadrage, ses multples essais sur les différents états d’un cliché ou d’une oeuvre, permettent d’apporter un nouveau regard sur sa production sculptée.

Quatre grandes sections rythment le parcours de l’exposition : l’atelier, l’oeuvre, la forme et l’extérieur. Cette présentation, à partir des oeuvres de la collection du Musée national d’art moderne, interroge les allers et retours incessants de l’artiste entre image animée et image arrêtée, création et interprétation.

Au cours des années 1920, après avoir appris à utiliser un appareil photo et une caméra, Brancusi installe dans son atelier une chambre noire, qui en devient comme le double en négatif ; les sculptures sont transformées en images. L’atelier devient un lieu de transformaton où les formes y sont autant élaborées que disloquées.

Certaines de ces images font office de documentaire sur la vie du sculpteur, dont l’atelier est un haut lieu de rencontre. Margaret Anderson, éditrice américaine, raconte dans son autobiographie qu’après un dîner entre amis dans l’atelier, Brancusi avait soudainement décidé de les photographier à la lumière électrique, autour de la table. “En un instant, il devint aussi sérieux que s’il entamait une sculpture. Il passa une heure à régler l’appareil à sa convenance et à observer son public, en cherchant le bon éclairage. Il s’assit avec le groupe et, grâce à un dispositif de longues  ficelles, il déclencha l’appareil pour s’inclure lui-même dans l’image. ”

Par ses expérimentations photo-filmiques sur la sculpture en mouvement, ou en filmant dans l’atelier ses amies danseuses Marina Chaliapine, Lizica Codreanu ou Florence Meyer, Brancusi rejoint ce que Henri Bergson décrit dans L’Evolution créatrice: “[…] en réalité, le corps change de forme à tout instant. Ou plutôt il n’y a pas de forme, puisque la forme est de l’immobile et que la réalité est mouvement. Ce qui est réel, c’est le changement continuel de forme : la forme n’est qu’un instantané pris sur une transition”. La dynamique du film permet d’arracher la sculpture à son immobilité, tandis que la photographie fixe le devenir d’un mouvement.

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Dans les années 1930, Brancusi détourne l’objectif de ses sculptures. Il photographie quelques agrégats de terre meuble, un rayon de lumière irisant un feuillage, il filme un cactus sur la cheminée de l’atelier. Nombre de ces images sont liées à ses interrogations de sculpteur. Mais aussi à son attachement à la terre, aux énergies primordiales. Telle une métaphore de la relation de l’homme à la nature, dans un autoportrait réalisé vers 1934, l’artiste superpose à sa propre image la photographie d’un tronc de marronnier recommençant à bourgeonner.

Brancusi aime la compagnie des animaux,  source d’inspiration pour sa production sculptée. Ils sont aussi pour lui l’objet d’observations photographiques, dans lesquelles, par le recours à des tirages contrastés, l’artiste poursuit sa recherche d’une stylisation du motif, déjà à l’oeuvre dans ses sculptures.

Avec Quentin Bajac comme commissaire d’exposition, je ne pouvais qu’apprécier cette lumière apportée sur l’oeuvre de l’un de mes sculpteurs préférés!

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