Jusqu’au 25 janvier 2027
Musée du Louvre, Hall Napoléon, Paris 1er
Le musée du Louvre, associé à la National Gallery de Londres et à l’Art Institute de Chicago, propose une exposition d’envergure sur l’un des peintres majeurs de l’Espagne du 17e siècle, Francisco de Zurbarán (1594-1658). Réputé pour son esthétique monastique, il est redécouvert au 20e siècle pour ses natures mortes saisissantes de réalisme et ses couleurs lumineuses.

Cinquante oeuvres du peintre sévillan sont réunies dans une scénographie majestueuse, qui se termine par la présentation de la courte période d’activité de son fils Juan (mort prématurément à l’âge de 29 ans, emporté par la peste) et l’influence que Francisco de Zurbarán a eu sur les artistes modernes, tels Édouard Manet, Pablo Picasso, Juan Gris.

Le parcours met en avant l’évolution du style de l’artiste qui a su se renouveler à tout âge, notamment après son séjour à la cour de Madrid, lorsqu’il est appelé par Philippe IV (1634) pour participer à la décoration du palais du Buen Retiro. Ce qui donne lieu à une série de peintures mythologiques autour de la figure d’Hercule – héros mythique considéré comme fondateur de la monarchie espagnole après avoir vaincu le roi tyran Géryon – et de scènes de bataille (non présentées en raison de leur envergure).

Puis, en fin de carrière (1650-1668), ses Vierges de l’Immaculée Conception et ses représentations de la Sainte Famille acquièrent une douceur incomparable. Deux raisons à cela : l’évolution du goût de ses commanditaires, qui commencent à voir arriver sur le marché des peintures marquées par le baroque italien, et l’influence du jeune Bartolomé Estéban Murillo (1617-1682), autre grand peintre de l’âge d’or espagnol, avec Diego Velázquez, ami et contemporain de Zurbarán. Ce dernier abandonne alors ses compositions monumentales aux formes simplifiées pour aller vers plus de sophistication et d’élégance.

Entre ces deux temps de carrière, l’artiste sévillan, qui finira par s’installer définitivement à Madrid en 1658, réalise des portraits en pied de saints, « toujours éclairés par une lumière latérale de manière à se détacher du fond sombre », explique Charlotte Chastel-Rousseau (conservatrice en chef au département des Peintures, musée du Louvre), une des quatre commissaires de l’exposition. « C’est une partie méconnue de son oeuvre, qui témoigne de la multiplicité de ses commanditaires, qui n’étaient pas exclusivement des ordres religieux », précise-t-elle.

Mais ce sont ses natures mortes à la composition strictement géométrique, dans lesquelles Zurbarán excelle par des jeux de lumière et de texture à rendre réel des objets du quotidien – citrons, fleurs, vaisselle en porcelaine – qui enchantent les sens. L’artiste réussit le tour de force de rendre compte de la richesse des tables des familles aisées à travers des objets vernaculaires, sobrement mis en scène.
Une exposition magnifique, à ne pas manquer !