La modernité heureuse (1865-1885)
Jusqu’au 19 juillet 2026
Musée d’Orsay, Esplanade V. Giscard d’Estaing, Paris 7e
Renoir (1841-1919) et ses représentations de guinguettes joyeuses, de couples souriants, d’enfants se tenant la main, ont fait de lui un peintre de la modernité à part, loin de la mélancolie chère à Cézanne ou Degas. Le musée d’Orsay rend hommage à ce peintre de l’amour, qui trouvait dans les liens entre les hommes et la nature une symbiose, à l’image de l’harmonie de ses oeuvres.

Renoir se distingue des autres impressionnistes par son moindre intérêt pour les phénomènes atmosphériques. Lui préfère concentrer son attention sur les jardins clos, quelque peu sauvages, avec une composition végétale dense qui accueille deux ou trois personnages (Femme à l’ombrelle dans un jardin, 1875), au visage rayonnant et à la tenue lumineuse (La Liseuse, 1874-1876).

Chez Renoir, les personnes représentées sont heureuses, complices, tendres. Leurs postures ou leurs gestes forment une harmonie picturale (La Promenade, 1870).

Huile sur toile. Pasadena, Norton Simon Museum, The Norton Simon Foundation. Photography by Gerard Vuilleumier
De même, lorsqu’il peint un environnement citadin, l’artiste met en avant l’harmonie des activités humaines avec leur environnement (Le Pont des Arts, 1867).

Si le peintre ne représente pas la passion directement – ses scènes d’affection restent toujours pudiques -, il évoque tout de même les amours saphiques (La Yole, 1875) et les gestes galants qui s’observent à l’opéra par le jeu des bouquets de roses offerts aux demoiselles. Ou lors de soirées dansantes comme dans Danse à Bougival (1883), scène dans laquelle seule la femme porte une alliance, laissant le spectateur intrigué sur le rôle de son partenaire.

Ses oeuvres de groupe comme Bal du moulin de la Galette (1876) et Le déjeuner des canotiers (1880-1881) témoignent d’une composition complexe, dont le défi est d’assurer une unité visuelle, en dépit du grand nombre de personnages. « Sa conception relève d’un effort comparable à la réalisation d’une peinture d’Histoire », commente Paul Perrin, un des commissaires de l’exposition.

Admirateur des madones de Raphaël, Renoir transcrit la maternité en conférant une grande tendresse dans le regard de la mère vis à vis de son enfant, tout en incorporant la scène dans un environnement moderne et non sacré.

Une exposition qui renouvelle notre regard sur un peintre impressionniste que l’on croyait connaître, avec des oeuvres remarquables et une scénographie spacieuse qui confère tout leur aura aux toiles du maître.