1869: Watteau, Chardin,…, entrent au Louvre

Jean-Antoine Watteau (1684-1721), Pierrot dit autrefois Gilles, vers 1717, Huile sur toile, Paris, musée du Louvre, département des Peintures, Photo de presse - (c) RMN  / J.G. Berizzi $$La Collection La Caze

Jusqu’au 9 juillet 2007

Musée du Louvre, Aile Sully, salle de la Chapelle 75001, 8,50€ (9€ à partir du 1er juillet 2007), 6€ de 18h à 21h45 les mercredi et vendredi

Collectionneur visionnaire, le docteur Louis La Caze (1798-1869) lègue au “musée de Paris” le plus important legs de son histoire – 583 peintures – en 1869. Aujourd’hui, le musée du Louvre lui rend hommage.

Rembrandt Harmensz. van Rijn (1606-1669), Bethsabée au bain tenant la lettre de David, 1654, Huile sur toile, Paris, musée du Louvre, département des Peintures, Photo de presse - (c) RMN / Hervé Lewandowski $$Il était temps! Certes, mais reconnaissons que le Louvre s’est donné les moyens d’organiser une exposition qui recrée un accrochage du XIXè siècle – toiles posées sur des cimaises. Afin de mettre en valeur tant des oeuvres cataloguées aujourd’hui comme classiques, telle la Bethsabée au bain tenant la lettre de David (1654) de Rembrandt (1606-1669), que des courants moins connus en France, notamment l’école de peinture espagnole du XVIIè siècle et celle de l’Italie baroque.

C’est suite à une mission de récolement des dépôts du département des Peintures (2001) que Guillaume Faroult, commissaire de l’exposition, a pris conscience de l’abondance des oeuvres léguées par le docteur La Caze et de l’opportunité de les rassembler. Afin de mettre en valeur les pièces maîtresses de la collection – tel le Pierrot dit autrefois Gilles (vers 1717) de Jean-Antoine Watteau (1684-1721) – qui proposent “une histoire colorée, vivement empâtée et finalement très humaniste de la peinture de notre pays” (G. Faroult).

Jacob Jordaens (1593-1678), Trois têtes de veillard, Papier marouflé sur bois, Libourne, musée des Beaux-Arts, dépôt musée du Louvre - (c) Libourne, Musée des Beaux-Arts $$La collection La Caze permet également d’observer la force réaliste des peintures flamandes et hollandaises comme Les Trois têtes de vieillard de Jacob Jordaens (1593-1678), et d’appréhender les peintures anglaises – peu étudiées sur le continent – vénitiennes, et espagnoles avec notamment la découverte du Pied-bot (1642) de Jusepe (José) de Ribera dit l’Espagnolet (1591-1652).

Louis La Caze, Autoportrait, Huile sur toile, Paris, musée du Louvre, département des Peintures, Photo de presse - (c) RMN / Franc Raux $$Par ailleurs, sont rassemblés des documents sur l’hôtel particulier du docteur La Caze, qui résidait au 116, rue du Cherche-Midi (75006). C’est là que le collectionneur recevait tous les dimanches matin amateurs, critiques et artistes désireux de découvrir ses toiles.

Pour prolonger cet acte d’ouverture et de partage d’une passion artistique, l’exposition tend à mesurer l’influence des oeuvres de la collection sur la création des artistes débutants après 1840, comme Edouard Manet (1832-1883) ou Henri Fantin-Latour (1836-1904). La collection Louis La Caze offre en effet une vision originale de l’art à une époque ou Jean-Baptiste-Siméon Chardin (1699-1779), François Boucher (1703-1770), Nicolas de Largilliere (1656-1746), etc. n’étaient pas encore “muséifiés”.

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Toutes les oeuvres ne pouvant pas tenir dans une seule pièce, le musée propose un dépliant qui indique au visiteur où trouver au sein du Louvre les autres peintures léguées par La Caze. Suivant les voeux du défunt, le musée de Paris a conservé 275 oeuvres et a réparti les 308 restantes dans les musées de province.

Après Paris, l’exposition ira au musée des Beaux-Arts de Pau, d’où est originaire la famille La Caze, puis à la Wallace Collection de Londres, créée par Richard Seymour-Conway – 4e marquis d’Hertford (1800-1870), contemporain de Louis La Caze et brillant collectionneur de sa génération.

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