Frédéric Bazille

Auguste Renoir (1841-1919). Frédéric Bazille peignant « Le héron aux ailes déployées », 1867.Paris, Musée d’Orsay, en dépôt au musée Fabre, Montpellier, legs de Marc Bazille, 1924 © Service presse / Photo Musée d’Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Patrice SchmidtLa jeunesse de l’impressionnisme

Jusqu’au 5 mars 2017

Catalogue de l’exposition : 

Musée d’Orsay, 1 rue de la Légion-d’Honneur, Paris 7e

Tombé dans l’oubli, Frédéric Bazille (1841-1870) est pourtant considéré comme l’un des peintres les plus doués de la génération avant-gardiste, qui va donner naissance à l’impressionnisme. Le musée d’Orsay lui rend hommage.

Le parcours de l’exposition revient sur la vie de ce jeune homme issu de la bourgeoisie protestante, né à Montpellier et mort au combat durant la guerre franco-prussienne, quelques jours avant son 29e anniversaire.

Si sa carrière a été courte, entre ses hésitations initiales (il commence des études de médecine pour satisfaire les attentes de ses parents) et sa mort précoce, il réalise en sept ans une soixantaine de tableaux où transparaît un style singulier, expression de son « tempérament » selon les mots de l’époque. « J’espère bien », disait-il, « si je fais jamais quelque chose, avoir le mérite de ne copier personne ».

Frédéric Bazille (1841-1870). L’Atelier de la rue La Condamine, 1869-1870. Paris, musée d’Orsay, legs de Marc Bazille, 1924 © Service presse / Photo musée d’Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt

Organisée de façon chronologique, l’exposition confronte les oeuvres de Bazille à celles de ses confrères tels Delacroix, Courbet, Manet, Monet, Renoir, Fantin-Latour, Sisley, Cézanne, etc. – les « actualistes », comme les surnomme Zola. Le jeune homme aborde les grandes problématiques de son époque : la vie moderne, le plein air, le renouvellement des genres traditionnels (portrait, nu, nature morte).

Pour Michel Hilaire (conservateur général du patrimoine, directeur du musée Fabre à Montpellier), commissaire général de l’exposition, « son oeuvre est bien ‘de jeunesse’ – ambitieuse, inventive, idéaliste, révoltée -. Chaque nouvelle toile est un défi, un échec ou une victoire ».

Frédéric Bazille (1841-1870). Les Remparts d'Aigues-Mortes, 1867. Musée Fabre, Montpellier Méditerranée Métropole, achat de la Ville, 1956. Montpellier, Musée Fabre, Montpellier Méditerranée Métropole © Service presse / Cliché Frédéric Jaulmes

Sa peinture se partage entre les hivers parisiens mondains et la lumière des paysages de son Midi natal, loin des sites déjà trop fréquentés d’Ile de France (forêt de Fontainebleau et ses villages avoisinants ou côte normande). Contre la puissance du jour, le regard de ses personnages porte l’ombre de ses doutes et de sa mélancolie.

Bien que disposant d’une rente versée par ses parents, lorsque Bazille manque d’argent, il réutilise certaines de ses toiles. Plusieurs de ses oeuvres ont pu être retrouvées grâce à la technique de la radiographie, comme le montre un dispositif multimédia.

Alors que Monet est internationalement connu aujourd’hui, de son vivant, il avait bien du mal à présenter ses oeuvres au Salon – certainement trop novatrices pour leur temps -. A l’inverse, celles de Bazille étaient régulièrement admises. Pourtant, après sa mort, son importance dans l’évolution de la peinture d’avant-garde des années 1860 a été niée, son rôle se limitant au compagnon dilettante et soutien matériel des futurs impressionnistes. Aucune de ses oeuvres n’est exposée lorsqu’a lieu en 1874 la première exposition du groupe impressionniste à Paris.

C’est la première fois qu’un musée national français rend hommage à cet artiste (alors que l’Art Institute of Chicago lui consacre une exposition dès 1978 !). Ne la manquez pas !

 

 

 

Taggé .Lien pour marque-pages : Permaliens.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *