Robert Capa

Photographie de guerre

Jusqu’au 20 décembre 2026

Musée de la Libération de Paris-musée du général Leclerc-musée Jean Moulin
4 avenue du Colonel Henri Rol Tanguy, Paris 14e

Le musée de la Libération de Paris-musée du général Leclerc-musée Jean Moulin lève le voile sur le mythe Robert Capa (1913-1954). Le parcours montre comment le photographe hongrois a façonné son identité de « reporter de guerre américain » à travers les différents conflits qu’il a couverts, de la guerre d’Espagne à celle du Viêt-nam.

Les troupes américaines prennent d’assaut la plage d’Omaha Beach lors du Débarquement, Normandie, France, 6 juin 1944 © Robert Capa/International Center of Photography/Magnum Photos

Endre Friedman naît à Budapest (Hongrie), dans une famille juive. Il étudie brièvement le journalisme à Berlin avant de s’exiler à Paris, lorsque Hitler accède au pouvoir et commence la propagation de l’idéologie fasciste.

Léon Trotski lors d’une conférence, Copenhague, Danemark, 27 novembre 1932 © Robert Capa / International Center of Photography / Magnum Photos

En novembre 1932, le jeune homme parvient à s’approcher de Léon Trotsky lors d’un meeting à Copenhague, et certaines de ses photos sont publiées dans le Welt Spiegel.

Gerda Taro sur le front de Cordoue, Espagne, septembre 1936. Elle sera tuée lors de la bataille de Brunete, le 26 juillet 1937 © Robert Capa / International Center of Photography / Magnum Photos

Selon la légende, son amante et photographe Gerta Pohorylle aurait l’idée d’inventer le binôme composé du photographe américain Robert Capa et de son agent Gerda Taro. Capa va alors développer un nouveau comportement, « pris sur le vif » et le scoop toujours à l’esprit » pour coller à ce nouveau nom. La sauce prend, et c’est le début de la réussite.

Le putsch militaire de 1936 lui donne l’occasion de réaliser ses premiers reportages photographiques avec G. Taro, Rolleiflex et Leica en main, explique Sylvie Zaidman, commissaire de l’exposition. Mais l’aventure tourne court lorsque G. Taro est écrasée par un char, en juillet 1937. R. Capa continue néanmoins à capturer les souffrances infligées aux populations civiles. Autant que le courage des soldats sur le front tandis que l’Europe s’embrase dans la guerre.

Un paysan sicilien indique à un officier américain la direction prise par les Allemands, près de Troina en Sicile, Italie, août 1943 © Robert Capa / International Center of Photography / Magnum Photos

En 1941, Capa couvre la Blitzgrieg à Londres, en 1943 le débarquement en Afrique du Nord. De Sicile, il remonte avec les troupes alliées jusqu’à Anzio, près de Rome. Puis il immortalise le débarquement des soldats de Normandie avec dix photos floues (juin 1944), qui sont publiées seulement trois jours après dans Life. Vient la libération de Chartres avec la célèbre photo de la femme rasée pour avoir eu un enfant avec un soldat allemand (août 1944) et celle d’un petit garçon se curant le nez sur un char lors du discours du général de Gaulle (août 1944). Le sordide peut côtoyer la tendresse.

Membres de la résistance accroupis derrière un camion pendant la Libération, Paris, France, 25 août 1944 © Robert Capa / International Center of Photography / Magnum Photos

Lors la libération de Paris (cliché des membres de la résistance accroupis derrière un camion, août 1944), il capture la liesse de la foule. L’équipe du musée a découvert que Capa passait aussi devant l’objectif pour accompagner l’entrée de la 2e division blindée dans la capitale (cf. animation filmée dans le parcours et film dans la salle de conférence au rez-de-chaussée).

Robert Capa photographié par Ruth Orkin © Collection Capa / Magnum Photos

En 1946, Capa savoure sa renommée. Le général Eisenhower le décore de la Medal of Freedom (1947). Loin des zones de conflit, il photographie les célébrités du monde de la mode et du cinéma. Il collabore à la création de l’agence Magnum avec ses amis Henri Cartier-Bresson, Maria Esner, Chim, George Rodger, William et Rita Vandivert. Le nom de l’agence s’inspire du latin magnum (grand) et de la forme de la bouteille de champagne. L’agence garantit que chaque photographe reste le propriétaire de ses images, contrairement à ce qui se faisait à l’époque. Là encore, sérieux et humour sont de mise.

L’arrivée de milliers d’immigrants d’Europe de l’Est, de Turquie et de Tunisie, Haïfa, Israël, Mai-Juin 1949v© Robert Capa / International Center of Photography / Magnum Photos

Mais R. Capa avoue s’ennuyer. Il se rend en Israël, où il photographie les immigrés juifs venus de Tunisie, de Turquie, et les rescapés d’Europe rejetés par les pays occidentaux, pour s’installer dans le nouvel État d’Israël (1948).

Sur la route de Nam Đjnh à Thaibinh, Indochina (Vietnam), 25 mai 1954. Cette photographie est l’une des dernières prises par Robert Capa © Robert Capa / International Center of Photography / Magnum Photos

En 1954, il accepte pour Life de remplacer le photoreporter chargé de couvrir la guerre d’Indochine auprès de l’armée française. Sa dernière photo est celle des alentours de Thái Bình, le 25 mai 1954, alors que les Français viennent de perdre Diên Biên Phu. Il avance dans un champ et pose le pied sur une mine.

Le parcours excelle à montrer toutes les facettes de la personnalité et de l’oeuvre de Robert Capa. Sans oublier les polémiques autour de son oeuvre : photographies qui lui sont attribuées à tort ou question éthique relative à la représentation de la mort (photographie du soldat américain fauché par un tireur d’élite allemand à Leipzig, 18 avril 1945). Une exposition captivante.

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