Mariano Fortuny

Un Espagnol à Venise

Jusqu’au 07 janvier 2018

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Catalogue de l’exposition : 

Palais Galliera, 10 avenue Pierre 1er de Serbie, Paris 16e

Espagnol de naissance, vénitien d’adoption (à partir de 1888), un musée au coeur de la Sérénissime porte mon nom ; qui suis-je ?! Le Palais Galliera clôt la saison espagnole, ouverte avec « Balenciaga l’oeuvre au noir » présentée au musée Bourdelle, en exposant les célèbre plissés de Mariano Fortuny (1871-1949).

Le parcours dévoile une centaine de pièces issues du fonds Galliera, du Museo del Traje à Madrid et du Museo Fortuny à Venise. Elles illustrent la diversité de ses inspirations et son talent d’inventeur. Comme en atteste sa plus célèbre création : la robe Delphos (1909) dont le bas s’évase en corolle, toute en soie plissée, qui même rangée en boule, retrouve sa fluidité une fois dépliée ! En réalité, Fortuny doit cette création à sa fidèle collaboratrice et épouse, Henriette Nigrin. « Malgré les explications techniques contenues dans le brevet, sa réalisation demeure mystérieuse », commente Sophie Grossiord (conservateur général au Palais Galliera), commissaire de l’exposition.

Fils du peintre espagnol Mariano Fortuny y Marsal (1838-1874), Mariano Fortuny y Madrazo s’oriente d’abord vers la peinture.
Il s’intéresse ensuite autant à la gravure, à la photographie, au design qu’à la mise en scène (Tristan et Isolde à la Scala de Milan, 1900 ; coupole « Fortuny » pour Parsifal à la Scala, 1922 ; Les Maîtres chanteurs de Nuremberg à Rome, 1931) et à l’éclairage scénique. Entre 1903 et 1933, il dépose pas moins de vingt brevets à Paris, inventant de nouvelles méthodes d’éclairage indirect avec réflecteur appliqué au théâtre. Il réalise ainsi l’éclairage du grand foyer de l’Opéra de Paris en 1907.

Fortuny se tourne vers le textile dès 1906. Avec Henriette, il crée les châles Knossos, en voile de soie imprimé de motifs inspirés de la céramique crétoise de Camarès. Oeuvrant à la libération des corps, il s’inspire des motifs de l’Antiquité, du Moyen-Age et de la Renaissance, pour créer des vêtements intemporels, aux lignes droites, sans taille.

M. Fortuny tient une place importante dans l’oeuvre de Marcel Proust, qui écrit dans A l’ombre des jeunes filles en fleurs (1918) : « Vous pourrez peut-être bientôt […] contempler les étoffes merveilleuses qu’on portait là-bas. On ne les voyait plus que dans les tableaux des peintres vénitiens […] Mais on dit qu’un artiste de Venise, Fortuny, a retrouvé le secret de leur fabrication et qu’avant quelques années les femmes pourront se promener, et surtout rester chez elles, dans des brocarts aussi magnifiques que ceux que Venise ornait, pour ses praticiennes, avec des dessins d’Orient. »

Le parcours présente les robes portées par ses fidèles clientes dont la comtesse Greffulhe et sa fille Elaine, les actrices italienne Elonara Duse (1858-1924), anglaises Ellen Terry (1847-1928) et espagnoles Oona Chaplin (petite-fille du grand acteur). C’est au sein du palazzo Pesaro-Orfei, résidence des Fortuny, devenu atelier-musée, que les habituées découvrent les nouvelles créations.

J’ai apprécié les subtils jeux de lumière, les impressions raffinées à base de poudres métalliques sur velours de soie qui rendent hommage aux influences byzantines, japonaises, persanes. La fin du parcours offre un aperçu des superbes créations contemporaines, inspirées du travail de M. Fortuny (Valentino, Issey Miyake).

 

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