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Pascale Montandon: l’art de la fugacité

Pascale Montandon, Paysages et Végétaux, 2006

Galerie Brun Léglise, 51 rue de Bourgogne 75007
10 octobre – 21 octobre 2006
Rens.: 01 53 59 94 00

La galerie Brun Léglise expose les dernières oeuvres de Pascale Montandon (35 ans), une jeune artiste eurasienne, qui travaille à la fois la matière picturale et scénographique. Paysages et végétaux 2006 – réalisés à partir d’encre et de collages sur papier ou bois – suggèrent l’éphémère, tout en laissant une trace inéluctable de ce qui disparaît.

« L’art a toujours été en moi »

Très jeune, Pascale qui vit en région parisienne depuis son enfance, ressent ce besoin de s’exprimer autrement que par les mots. Elle étudie les arts plastiques avant de faire l’école René Dupéré – compositeur québécois, auteur en partie de la musique du spectacle marquant la rétrocession de Hong Kong à la Chine (1997).
Toujours à cheval entre la peinture et la musique, Pascale expose dès 1989 au Japon (musée Othami à Toyoma), puis en France avant de revenir vers la scène. En 2005, elle réalise les décors et les costumes du ballet de Carolyn Carlson Wash the flowers (Opéra de Lucerne).

« Il est pour moi tout à fait naturel de trouver une prolongation à mon travail de plasticienne dans celui de scénographe, et faire ainsi se rencontrer des expressions qui pour moi se rejoignent et se répondent ».

De fait, ses toiles en papier représentent des rectangles ou des formes concentriques traversées d’encre bleue ou noire, brillante ou mate. Tel un coup de vent s’engouffrant dans un silence spatial. Qui siffle et s’évapore au moment même où l’on croyait l’avoir perçu.

Dans une salle attenante, des coquelicots épurés sur fond blanc – symbolisant la neige – renforcent la sensation d’être en présence d’un art asiatique. De grand-mères vietnamiennes, Pascale ressent la force de cette culture, à la fois innée et transmise par ses parents. D’ailleurs, lorsque la jolie jeune femme se présente, elle ne dit pas qu’elle est « d’origine vietnamienne » mais qu’elle est « eurasienne » tellement ses racines asiatiques sont fortes en elle.


Une oeuvre remarquable, à mi chemin entre l’abstraction et l’architecture, entre la poésie et la musique. Une artiste, déjà côtée, à suivre de près.

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