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Monumenta 2014

Ilya et Emilia Kabakov, L’Etrange Cité

Jusqu’au 22 juin 2014

[fnac:http://plateforme.fnacspectacles.com/place-spectacle/manifestation/Exposition-MONUMENTA-2014-MONES.htm]

Nef du Grand Palais, avenue Winston Churchill, Paris VIII

Etrange cité, étrange, c’est sûr! Après Anselm Kiefer, Richard Serra, Christian Boltanski, Anish Kapoor et Daniel Buren, Monumenta 2014 invite le coupe russe Ilya (né en 1933 à Dnipropetrovsk, ex-URSS, aujourd’hui en Ukraine) et Emilia (née dans la même ville en 1945) pour vivre une nouvelle expérience sous la nef du Grand Palais.

Pour cette troisième grande représentation de la culture russe en France (Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes de 1925, pour laquelle le pavillon avait été construit par Constantin Melnikov et Alexandre Rodtchenko ; Exposition internationale des arts et techniques dans la vie moderne de 1937, avec la sculpture de Vera Moukhina placée au-dessus du pavillon soviétique), Ilya et Emilia proposent au visiteur d’entrer dans une ville née de l’imaginaire collectif.

Emilia explique : « Il y a plusieurs années, quelqu’un nous a demandé si nous pensions que l’art pouvait influencer la politique. Nous avons répondu que non, nous ne le pensions pas. Nous avons toujours la même opinion, mais durant toutes ces années, nous avons travaillé avec des idées, autour de l’imaginaire et de l’utopie. Et nous croyons vraiment que l’art, qui tient une grande place dans notre culture, peut changer la façon dont nous pensons, rêvons, agissons, réfléchissons. Il peut changer notre façon de vivre. Cette fois nous voudrions construire plus qu’une installation, nous souhaitons réaliser quelque chose de différent. : ériger l’étrange cité, c’est insister sur l’expérience plutôt que sur la forme du projet, en vous demandant de ralentir votre course dans la vie réelle, et de faire appel à vos émotions, vos sens, vos souvenirs. »

Après une heure de blabla, nous entrons enfin dans la nef du Grand Palais et commençons notre parcours le long d’une enceinte blanche. Nous arrivons devant une coupole inversée, composée d’un milliers de tubes fluorescents sont censés projeter des variations de lumières vers l’entrée de la cité, que le public doit franchir.

Une ruine de porte triomphale symbolise ce passage vers la cité composée d’une succession d’édifices en forme d’igloo ou de chapelle.

L’ensemble est censé obligé le visiteur à décrocher de ses pensées de la vie quotidienne pour atteindre un niveau spirituel qui le rapproche des anges et du cosmos  – un des édifices se réfère à la noosphère, qui, selon le chercheur russe D. Vernadski, serait un conservatoire de toutes les découvertes de l’esprit humain, passées et à venir.

Le résultat est mitigé. D’abord parce que lors de ma visite la coupole ne clignotait pas, ce qui réduisait considérablement son impact visuel et ne permettait pas de se mettre dans l’ambiance mainte fois décrite par Emilia Kabakov durant la conférence de presse. Effet inverse, dans le premier édifice, le « musée vide », qui représente un musée classique, sauf que les cimaises sont dénuées de toiles et remplacées par une majestueuse musique de Bach (Passacaille), la pénombre, les dorures, les sièges invitent à se recueillir comme dans un lieu sacré. Ce qui était palpable avec autour de soi une petite quantité de journalistes mais l’effet sera-t-il identique à l’ouverture au public? J’en doute.

Les autres édifices m’ont laissée peu enthousiastes (j’ai surtout apprécié l’odeur du bois!).

J’ai terminé sur, la « Chapelle blanche », »clou du spectacle », selon Jean-Hubert Martin, commissaire de l’exposition, qui invite une fois encore au silence et à l’apaisement.

Je pense que d’avoir assisté à la conférence de presse, où l’on vous parle d’une idée qui a l’air géniale, a fait retomber la mayonnaise, une fois confrontée à la-dite idée! Ilya est un artiste conceptuel moscovite et, à mon sens, même si sa femme assure que maintenant le concept passe après l’expérience, l’idée du projet était originale mais son application lui a fait perdre du vernis. A l’image, finalement, de toute utopie que l’homme tente de concrétiser.

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