Haute couture et tradition à la cour de Thaïlande
Jusqu’au 1er novembre 2026
Musée des Arts décoratifs, 107 rue de Rivoli, Paris 1er
Pour célébrer le 170e anniversaire des relations diplomatiques franco-thaïlandaises (1856-2026), le Musée des Arts décoratifs consacre une exposition au vêtement royal à la cour de Thaïlande depuis les années 1960. L’occasion de découvrir une mode qui mêle élégamment haute couture française et savoir-faire artisanal thaïlandais.
Le costume comme atout culturel et mode de langage diplomatique. C’est ainsi que Sa Majesté la Reine Sirikit (1932-2025) a conçu huit formats de costumes traditionnels avec des historiens, des créateurs thaïlandais et français, en particulier Pierre Balmain (puis Erik Mortensen), et la maison de broderie Lesage.
La Reine Sirikit entreprend avec son mari le Roi Rama IX un voyage en France au début des années 1960. Puis elle parcourt quatorze pays européens et les États-Unis, où elle sera surnommée la « Jacky Kennedy Thaï », en référence à son look reprenant les codes de celui de la Première Dame américaine.
Pierre Balmain, Robe du soir, 1962. Soie, mousseline
de soie, fils métalliques, fils de plastique, perles et sequins. Collection de Sa Majesté la Reine Sirikit
Le parcours présente ces tenues royales, confectionnées à partir des textiles traditionnels comme le satin, la soie mat mii, et les brocarts (tissus de fils d’or et d’argent) dont la couleur portée varie en fonction des jours de la semaine. Sensible à la préservation du savoir-faire local, la Reine Sirikit a fondé en 1976 la Fondation SUPPORT pour soutenir les artisans ruraux.
Les formes réinterprètent le vêtement traditionnel thaïlandais qui se noue autour du corps, dans un drapé asymétrique soulignant la finesse de la taille, avec une étole drapée sur l’épaule (sabai).
Les tenues sont complétées par une série d’accessoires (éventails, chaussures, sacs à main, flacons de parfums, nécessaire capillaire, etc.), qui mettent en avant la délicatesse du niellage, du damasquinage à l’or, du tressage du lipao et la peinture sur céramique.
Une exposition qui donne envie de voyage lointain (si besoin en était !)