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« Du vent dans les branches »

Artsénat 2008

Jusqu’au 15 juin 2008 (Orangerie du Sénat) et 21 septembre 2008 (Jardin du Luxembourg)

Orangerie du Sénat, 19bis, rue de Vaugirard 75006, 01 42 34 33 99, Entrée libre

Neuvième édition d’Artsénat volant sur un thème aérien: « Du vent dans les branches ». Pourtant, les oeuvres présentées n’ont rien de légères! Cette double exposition (Orangerie du Sénat et allées du Jardin du Luxembourg) met l’accent sur « l’art vivant »…


Un pot de jambes en bouquet de pieds et de mollets de Robert Combas (né en 1957) – chef de file de la Figuration libre (début des années 1980) – donne le ton. Cette sculpture de 3,35m de haut représente un énorme pot de fleurs avec des jambes en l’air, portant la marque colorée de leurs veines, vaisseaux et muscles. Peinture, figure et liberté asseoient ici leurs droits face à la peinture de concept.

Un souffle de liberté régit assurément cette exposition d’art contemporain. « Du vent dans les branches » est à prendre au sens propre et au sens figuré. Les artistes laissent libre cours à leur imagination. Qu’il s’agisse des mi-sculptures mi-peintures de Stéphane Pencréac’h (La Source et Monoghagha) – un homme recouvert de pollution urbaine (?) dont le front saigne une eau dans laquelle des poissons nagent -; de la sculpture géante de Nicolas Sanhes (né en 1965) composée de poutrelles de charpentes métalliques représentant un corps dont on ne sait où il commence et se termine -; ou des barques échouées d’Odile de Frayssinet (née en 1947), symboles d’un monde qui part à la dérive.

La direction du monde est également source d’angoisse pour les artistes chinois Tian Bing Li (né en 1974) et Xio-Fan Ru, confrontés à la nouvelle société de consommation. Dans les peintures du premier, des arbres fleuris, selon la tradition picturale chinoise, deviennent porteurs non pas de bourgeons et d’insectes mais d’objets industriels. Tandis que les branches incarnent des parties de corps humain. Ces arbres vivants deviennent le symbole des aspirations consuméristes de la population chinoise.
Idem pour les oeuvres de Xio-Fan Ru dont les personnages portent à bout de bras des sacs plastiques aux enseignes reconnaissables, véritables temples de la consommation pour adultes et enfants. Ou plutôt adulte-enfants et enfant-adultes dans notre monde en perpétuelle mouvance qui brouille les repères des âges.

Société de consommation et nature. Deux thèmes qui se rencontrent dans les Plantastiques de Christophe Dalecki (né en 1966) et Florence de Ponthaud (née en 1944). Des fausses plantes vertes en platique, hautes de 2,5m, questionnent notre rapport à la nature. Provocatrices par rapport aux « vraies » plantes du jardin, les Plantastiques se terminent par des objets de consommation courante (fourchettes, cuillères, tapettes à mouche…). De la nature ou de la culture, lesquelles seront les plus belles demande l’artiste?
Non loin, Florence de Ponthauld imagine un cheval broutant dans un pré. Le tout composé à partir d’une armature en fer à béton, de branches de bois – seul élément naturel – et de plastique!
Face au cheval, le poète ivre d’Axel Cassel semble rire de notre relation confuse avec la nature, qui n’a jamais autant été médiatisée pour le plus grand intérêt de certains…industriels!

Aux abords du parcours des Reines de France, face au grand bassin, Guy Ferrer implore la T.O.L.E.R.A.N.C.E tandis que la tête de bronze géante du Prophète de Louis Debré, idéalement située à proximité de la statue de Marguerite d’Angoulême Reine de Navarre (1492-1549) – femme de lettres ouverte aux idées nouvelles – posant l’index gauche sous un menton songeur -, nous invite à plus de sagesse.

Un parcours riche de 41 artistes, orchestrés par Chantal Mennesson (Présidente de la Biennale d’Issy), qui repoussent les limites entre abstraction et figuration et savent donner matière à réflexion.

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