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Silla : l’Or et le Sacré

Trésors royaux de Corée, 57 av. J.-C. – 935

Jusqu’au 31 août 2026

Musée Guimet, 6 place d’Iéna, Paris 16e

Le musée Guimet inaugure un cycle consacré à l’art coréen avec en exposition inaugurative un focus sur le Royaume du Silla, fondateur de l’unité de la péninsule (57 av. J.C.- 935). Matières précieuses et sacré s’entremêlent dans un parcours à la fois enrichissant et contemplatif.

Ornement en forme d’aile pour couronne. Corée du Sud, Gyeongju, tombe de la couronne d’or, 5e siècle. Or ⓒ Musée national de Gyeongju

Trésors nationaux, composés de bijoux de jade et de verre, de céramiques en grès, et d’armes en fer forgé, ponctuent une scénographie minimaliste mais précise, à la lumière tamisée pour se concentrer sur un ensemble d’oeuvres, rarement sorti de Corée, en particulier du musée national de Gyeongju (sud-est coréen).

Un premier dispositif multimédia sous forme de film d’animation poétique introduit le récit mythologique des origines du Royaume du Silla, entouré de paysages montagneux.

La salle d’introduction présente trois documents qui témoignent de la mise par écrit par le Général confucéen Kim Busik (1075-1151) de l’histoire du Royaume du Silla, le Samguk sagi (Mémoires historiques des Trois Royaumes), en 1145 à la demande du roi Injong.

Couronne. Corée du Sud, Gyeongju, tombe de la couronne d’or, 5e siècle, or, jade, 27,7 × 19 cm (couronne), Gyeongju, musée national, Bongwan 9435 ⓒ Musée national de Gyeongju

Le parcours résume ensuite mille ans d’histoire à travers des pièces maîtresses qui incarnent les points forts du pouvoir de Silla : la maîtrise de la métallurgie et de la céramique (IIe siècle av. J.-C.) tant pour l’usage du quotidien que pour les rituels ; le raffinement des bijoux de jade et de perles de verre qui témoignent des échanges maritimes et terrestres avec l’Asie du Sud-Est, le Japon, la Chine, jusqu’à la Perse sassanide et l’Égypte ; l’usage intensif de l’or sous le règne du clan des Kim (couronne et ceinture royales) ; l’unification du royaume du Silla qui grignote ses rivaux (les royaumes de Goguryeo et de Baekje) grâce à la diffusion de l’écriture chinoise et le développement du bouddhisme, adopté officiellement en 527 sous le premier souverain du Silla unifié (676-935), le roi Munmu (661-681).

Bouddha. Corée du Sud, monastère Hwangboksa, pagode de Guhwang-dong, période du Silla unifié (en 692). Bronze doré ⓒ Musée national de Gyeongju

Le royaume du Silla prend alors le surnom de « Terre du Bouddha ». La ville de Gyeongju est décrite comme parée de pagodes « telles des nuées dans le ciel ». En son centre s’élève le monastère du dragon (Hwangnyongsa), doté d’une pagode de neuf étages achevée au VIIe siècle, véritable talisman protecteur du royaume.

Bas-relief représentant un des quatre rois-gardiens célestes. Corée du Sud, Gyeongju, monastère des Quatre rois-gardiens célestes, règne du Roi Munmu vers 679. Argile, glaçure verte ⓒ Musée national de Gyeongju

Les artistes de la statuaire bouddhique du Silla produisent des statues qui incarnent la compassion, la paix, dont s’inspirent les souverains, et invitent à la méditation. La dernière salle reproduit par un dispositif numérique la grotte en pierre de Seokguram, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO (1995), qui abrite sous un dôme – symbole du cosmos – un Bouddha assis en méditation sur un lotus (Bouddha Shakyamuni), entouré de bodhisattva, gardiens et d’êtres célestes.

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