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Les villes, la rue, l’Autre

Sabine Weiss

Jusqu’au 15 octobre 2018

[fnac:https://www.fnacspectacles.com/place-spectacle/ticket-evenement/musee-exposition-billet-musee-expositions-mancgpom-lt.htm]

Catalogue de l’exposition : 

Centre Pompidou, Galerie de photographies (niveau -1), Paris 4e

Le Centre Pompidou présente 80 photographies inédites de Sabine Weiss (née en 1924, en Suisse), récemment acquises par le Musée national d’Art moderne ou données par la photographe. Dernière figure vivante du courant de la photographie humaniste.

Ce courant photographique typiquement français propose une observation du réel sociologique et non critique. Il réunit des personnalités comme Edouard Boubat, Robert Doisneau, Jeanine Niépce, Willy Ronis, regroupées au sein de l’agence Rapho.

Comme ses collègues, Sabine Weiss s’intéresse au quotidien, ses moments vernaculaires, et porte sur eux un regard doux, libre. Sans pour autant cacher la pauvreté de l’Europe d’après-guerre.

Si Sabine Weiss a fait de Paris sa ville d’adoption, c’est aux Etats-Unis qu’elle se fait connaître grâce à l’exposition « Post-War European Photography » au Museum of Modern Art de New York. En 1954, l’Art Institute of Chicago lui consacre une exposition individuelle qui fera le tour des états-Unis. Un an plus tard, trois de ses photographies figurent dans l’exposition devenue légendaire « The Family of Man » au MoMA, New York.

La commissaire de l’exposition, Karolina Ziebinska-Lewandowska (conservatrice, cabinet de la photographie, Musée national d’Art moderne) propose une nouvelle lecture du travail de l’artiste en confrontant ses oeuvres et ses archives personnelles au regard de quatre artistes contemporains : Viktoria Binschtok, Paul Graham, Lise Sarfati et Paola Yacoub. Qui travaillent également sur la thématique de la rue et de la ville mais avec une approche différente.

 Sabine Weiss aime capturer les reflets, les brumes les flous qui estompent les premiers plans et embellissent le réel. Elle porte sur les citadins un regard sans jugement et capture des moments anodins. Quand les enfants jouent dans les terrains vagues, quand les adultes se posent au jardin du Luxembourg, traversent la place de la Concorde sous la pluie, achètent un cornet de frites dans  la rue.
En 1961, S. Weiss est envoyée par Vogue à Moscou pour photographier les ballets russes. La journée, elle se promène dans la rue et capte les parades militaires ou les spectateurs distanciés des représentations données pour la fête nationale.
Avec son mari, Hugh, américain, elle se rend régulièrement à New York. L’artiste capture l’ébullition de la ville, loin de la tranquillité parisienne. Viktoria Binschtok (née en 1972, à Moscou) photographie également New York.  » Dans World of Details, je relie les deux : l’univers numérique et la réalité telle que je l’ai trouvée dans les rues de New York. (….) Je me suis d’abord rendue virtuellement à New York et j’ai choisi certaines scènes de rue dans l’immensité des archives de Google Street View. Je me suis intéressée aux piétons photographiés par hasard, regardant l’objectif d’un appareil qui les a ensuite pris en photo. (….) Dans un second temps, je me suis rendue physiquement sur les lieux que j’avais sélectionnés grâce à mes photographies de référence pour me faire ma propre idée du monde réel. Je voulais voir ce que je pourrais découvrir de nouveau dans ces scènes que je ne connaissais que sur des photos [….] ».

La confrontation des oeuvres de Sabine Weiss et des artistes contemporains est édifiante. Les photographies de Sabine Weiss en noir et blanc illustrent un monde qui nous paraît à des années lumière ! Pourtant, l’esthétique de ses images leur confère une aura intemporelle.

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