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Renoir et l’amour

La modernité heureuse (1865-1885)

Jusqu’au 19 juillet 2026

Musée d’Orsay, Esplanade V. Giscard d’Estaing, Paris 7e

Renoir (1841-1919) et ses représentations de guinguettes joyeuses, de couples souriants, d’enfants se tenant la main, ont fait de lui un peintre de la modernité à part, loin de la mélancolie chère à Cézanne ou Degas. Le musée d’Orsay rend hommage à ce peintre de l’amour, qui trouvait dans les liens entre les hommes et la nature une symbiose, à l’image de l’harmonie de ses oeuvres.

Auguste Renoir (1841-1919), Femme à l’ombrelle et enfant dans un paysage ensoleillé. Boston, Museum of Fine Arts, legs de John T. Spaulding. Photograph © 2026 Museum of Fine Arts, Boston

Renoir se distingue des autres impressionnistes par son moindre intérêt pour les phénomènes atmosphériques. Lui préfère concentrer son attention sur les jardins clos, quelque peu sauvages, avec une composition végétale dense qui accueille deux ou trois personnages (Femme à l’ombrelle dans un jardin, 1875), au visage rayonnant et à la tenue lumineuse (La Liseuse, 1874-1876).

Auguste Renoir (1841-1919), La Promenade, 1870. Huile sur toile. Los Angeles, The J. Paul Getty Museum. Image courtesy of the J. Paul Getty Museum

Chez Renoir, les personnes représentées sont heureuses, complices, tendres. Leurs postures ou leurs gestes forment une harmonie picturale (La Promenade, 1870).

Auguste Renoir (1841-1919), Le Pont des Arts, Paris, 1867-1868.
Huile sur toile. Pasadena, Norton Simon Museum, The Norton Simon Foundation. Photography by Gerard Vuilleumier

De même, lorsqu’il peint un environnement citadin, l’artiste met en avant l’harmonie des activités humaines avec leur environnement (Le Pont des Arts, 1867).

Auguste Renoir (1841-1919) La Yole, 1875. Huile sur toile. Londres, The National Gallery. Image © The National Gallery, London. All rights reserved

Si le peintre ne représente pas la passion directement – ses scènes d’affection restent toujours pudiques -, il évoque tout de même les amours saphiques (La Yole, 1875) et les gestes galants qui s’observent à l’opéra par le jeu des bouquets de roses offerts aux demoiselles. Ou lors de soirées dansantes comme dans Danse à Bougival (1883), scène dans laquelle seule la femme porte une alliance, laissant le spectateur intrigué sur le rôle de son partenaire.

Auguste Renoir (1841-1919), Bal du moulin de la Galette, 1876. Huile sur toile. Paris, musée d’Orsay © photo : Musée d’Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Mathieu Rabeau

Ses oeuvres de groupe comme Bal du moulin de la Galette (1876) et Le déjeuner des canotiers (1880-1881) témoignent d’une composition complexe, dont le défi est d’assurer une unité visuelle, en dépit du grand nombre de personnages. « Sa conception relève d’un effort comparable à la réalisation d’une peinture d’Histoire », commente Paul Perrin, un des commissaires de l’exposition.

Auguste Renoir (1841-1919), Jeune mère, 1881. Huile sur toile. Philadelphie, The Barnes Foundation © 2026 The Barnes Foundation

Admirateur des madones de Raphaël, Renoir transcrit la maternité en conférant une grande tendresse dans le regard de la mère vis à vis de son enfant, tout en incorporant la scène dans un environnement moderne et non sacré.

Auguste Renoir (1841-1919), Les Canotiers à Chatou, 1879. Huile sur toile. Washington, National Gallery of Art. Image courtesy of the National Gallery of Art, Washington

Une exposition qui renouvelle notre regard sur un peintre impressionniste que l’on croyait connaître, avec des oeuvres remarquables et une scénographie spacieuse qui confère tout leur aura aux toiles du maître.

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