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Photographies japonaises de la BnF

1945-2025

Jusqu’au 31 janvier 2027

Bibliothèque nationale de France, Quai François Mauriac, Paris 13e

Première institution occidentale à s’ être intéressée à la photographie japonaise moderne et contemporaine, la BnF présente son fonds exceptionnel qui s’étend des années 1945 à 2025. Elle expose 300 oeuvres, principalement en noir et blanc, sélectionnées parmi les 4000 tirages qu’elle détient.

Yukari Chikura, Bird Dance Children Walking on Snowy Road (Les enfants de la danse des oiseaux cheminent sur la neige), 2012. Série Zaido. Crédit : © Yukari Chikura

Après la constitution d’une collection d’estampes japonaises des 17e au 19e siècles, les archives photographiques de la BnF se développées en trois temps : les photographies d’Occidentaux qui se sont rendus au Japon, puis l’entrée d’oeuvres de photographes japonais, et enfin, l’élargissement de la collecte de photographies étrangères sous Jean-Claude Lemagny (à partir de 1968).

Takehiko Nakafuji, Umbrella (Parapluie), 2002-2014. Série Tokyo, 2002-2014. Crédit : © Takehiko Nakafuji

Ce fonds couvre plusieurs axes : le réel, la documentation des coutumes locales, des fêtes rurales, des rituels, l’expansion urbaine et économique ; la poésie, l’expression de la danse et du théâtre, avec un focus sur les sensations, les atmosphères éphémères comme la floraison des cerisiers ou une tempête de neige qui recouvre d’un blanc laiteux des barrières en bois.

Hiroshi Hamaya, Honyaradô e yuku kodomotachi (Des enfants se rendent à la grotte de Honyara), de la série Yukiguni (Pays de neige), 1956. Crédit : © Hiroshi Hamaya

Le parcours débute avec Hiroshi Hamaya qui capture les traditions anciennes dans la campagne. « C’est le premier photographe japonais à entrer chez Magnum (1960), et il était exposé dans la célèbre exposition « The Family of Man » d’Edward Steichen au MoMa », précise Héloïse Consésa (conservatrice en chef au département des estampes et de la photographie, BnF), co-commissaire de l’exposition.

Hiromi Tsuchida représente de manière graphique les foules, que ce soit lors des commémorations des bombes atomiques ou dans une piscine. Parallèlement, il capture l’atomisation de la société japonaise (série Compter les grains de sable, 1988-92).

L’étrangeté du quotidien s’incarne dans les natures mortes de Sayuri Tajima et ses drôles d’artichauts. Ou dans la série de Takanobu Hayashi prise dans différents zoos. Le photographe utilise le flash en plein jour et réalise de larges plans qui isolent la silhouette des animaux, le tout sans visiteur apparent.

Shōji Ueda, Paysage de dunes avec ma femme, 1950. Série Dunes de sable, 1950. Crédit : © Shōji Ueda

Pour la partie poétique, citons Shōji Ueda – beaucoup représenté dans l’exposition – qui met en scène sa famille dans un décor de dunes de sable (sa région natale), pour créer un monde onirique à l’opposé du style documentaire prévalant dans les années 1950.

Daidō Moriyama, connu pour sa participation au magazine contestataire Provoke (années 1960), avait auparavant réalisé une série de portraits de l’onagata (l’homme qui joue le rôle de femme dans le théâtre kabuki). Ses oeuvres sont confrontées à celles d’Atsushi Sakai, photographe danseur, qui lie ces deux arts – incarnation des esprits par le corps et l’image.

Yū Hirai, Sans titre, 2001, Série Entre chien et loup, 2001. Crédit : © Yū Hirai

Yu Hirai utilise le flash et un filtre rouge pour estomper les traits du visage et opposer l’intériorité rouge et vive à une extériorité bleue et froide, apparentée à une sorte d’aura.

Yuki Onodera, Portraits de fripes, 1994. Série Down, 1994. Crédit : © Yuki Onodera

Dans cette même veine artistique et métaphysique, Yuki Onodera dresse le portraits de fripes, suspendues en l’air. « L’acte photographique prend ici une valeur de geste artistique zen, au sens d’énoncer une présence par le vide », explique Dominique Versavel (conservatrie en chef du département des estampes et de la photographie, BnF), co-commissaire de l’exposition.

Parmi les oeuvres les plus poétiques de la fin du parcours, citons les Pèlerins des temples de l’île de Shōdoshima capturés dans un granulé flouté par Yoichi Midorikawa.

Satoru Kondō, Wave 01, 2010. Crédit : © Satoru Kondō

Ou encore les pétales de cerisier d’Eri Makita, dont la photographie incarne par l’image un haïku, qui éveille les sens. Et celle de Satoru Kondō, Wave (2010), véritable tableau méditatif.

Une collection impressionnante, à découvrir !

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