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Madame de Sévigné

Lettres parisiennes

Jusqu’au 23 août 2026

Musée Carnavalet, 23 rue Madame de Sévigné, Paris 3e

Pour célébrer le 400e anniversaire de sa naissance, le musée Carnavalet présente une exposition sur Marie de Rabutin-Chantal (1626-1696), marquise de Sévigné, épistolière renommée.

Jean Nocret, Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné (1626-1696), vers 1645-1650. Huile sur toile © Vitré, château des Rochers-Sévigné / Cliché Photoplus/Maignan

Marie de Rabutin-Chantal naît à Paris, place Royale (actuelle place des Vosges), dans une famille d’ancienne noblesse. Elle reçoit une éducation poussée, rare pour les filles au XVIIe siècle. Elle épouse Henri de Sévigné, gentilhomme breton, à l’âge de 18 ans (1644). Son époux meurt dans un duel six ans plus tard, la laissant veuve avec deux enfants, Françoise-Marguerite et Charles.

La plupart des lettres conservées de Madame de Sévigné concernent sa relation épistolaire avec sa fille, mariée au comte de Grignan (1669) et partie vivre en Provence.

Madeleine de Scudéry, Clélie, histoire romaine. Dédiée à Mademoiselle de Longueville. Tome I, 1666. Livre imprimé, gravure de la Carte de Tendre par François Chauveau © Paris, Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne

Introduite au sein des cercles les plus prisés de la capitale, ceux de la marquise de Rambouillet et de Mademoiselle de Scudéry, la marquise de Sévigné, rapporte à sa fille dans sa Correspondance – une oeuvre publiée à titre posthume, qui figure dès le XIXe siècle au panthéon de la littérature classique française – les événements et moeurs de l’époque.

Son style raffiné et sa lucidité de regard sur le monde qui l’entoure lui vaut d’être célébrée par Marcel Proust et Virginia Woolf. « Elle n’est pas un écrivain, elle est le style », rapporte Alphonse de Lamartine (1864). Le nom de la marquise de Sévigné fait ensuite l’objet d’un véritable culte, synonyme de luxe à la française, de la simple boîte de camembert au sac Louis Vuitton !

Nicolas Jarry et Nicolas Robert, La guirlande de Julie. Pour Mademoiselle de Rambouillet, 1641. Manuscrit sur vélin © Paris, Bibliothèque nationale de France

La vie de la marquise de Sévigné s’inscrit dans le développement de la culture galante au XVIIe siècle, qui inspire littérature et arts, tout en rendant compte du développement de la tension politique qui entoure le règne de Louis XIV. La jeune femme fréquente ainsi le cercle de la duchesse de Montpensier, cousine de Louis XIV, qui participera aux révoltes de la Fronde.

Si Madame de Sévigné se tient éloignée des fastes de Versailles, elle y est occasionnellement invitée. Elle y admire les jardins, apprécie les ballets – Louis XIV est un brillant danseur – mais conclut « […] et de tout cela autant en emporte le vent ; on est ravi de revenir chez soi. »

Anonyme, La place Royale (actuelle place des Vosges), vers 1665. Huile sur toile CCØ Paris Musées / Musée Carnavalet – Histoire de Paris

Son quotidien à l’hôtel Carnavalet, ses promenades à travers Paris passant d’une rive à l’autre grâce au nouveau Pont-Neuf, ses réflexions sur sa foi et ses préoccupations de santé, mêlent petite et grande Histoire, mises en valeur dans l’exposition par une scénographie vivante – il y a très peu de lettres finalement !

In fine, le parcours renouvelle avec brio l’image de cette épistolière étudiée en classe de Seconde, grâce à la mise en contexte de son oeuvre dans un Paris en pleine transformation.

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