Jusqu’au 02 août 2026
#expoLeeMiller
Musée d’art moderne de Paris, 11 avenue du Président Wilson, Paris 16e
Le Musée d’art moderne de Paris présente une rétrospective d’envergure sur les différentes facettes de l’oeuvre de Lee Miller (1907-1977), célèbre muse de Man Ray, elle-même devenue photographe. L’exposition dévoile en quoi l’artiste a su marquer l’histoire du XXe siècle.
Le parcours retrace l’ensemble de la carrière de l’Américaine Lee Miller, qui avait choisit de vivre en Europe.
Lee Miller se fait un nom à New York en tant que mannequin. Elle incarne une femme moderne, active, indépendante. Elle fait la couverture des grands magazines de mode.
Entre 1929 et 1932, la jeune femme fait un premier séjour à Paris, où elle rencontre les avant-gardistes surréalistes. Elle devient l’apprentie et la compagne de Man Ray. Ils découvrent l’effet de « solarisation », qui consiste à réexposer un tirage à la lumière, ce qui modifie les tons du négatif et crée un effet de halo poétique.
Lee Miller s’affranchit de M. Ray, en ouvrant son propre studio. Elle entretient un goût pour les cadrages obliques, les rapprochements insolites et les compositions mystérieuses. Dans l’image de Deux Prêtres posant sur l’Arc de Triomphe (vers 1930-32), elle isole les silhouettes en soutane, dont l’un pointe un index au-dessus de Paris, comme pour intimer le silence à la ville. Ses oeuvres sont exposées autant dans Vogue que dans les galeries parisiennes aux côtés de celles de Germaine Krull ou George Brassaï.
En 1932, Miller retourne à New York, où elle développe son activité de portraitiste. Deux ans plus tard, elle s’installe au Caire avec son mari égyptien, l’homme d’affaire Aziz Eloui Rey. Ses motifs s’articulent autour des rochers (Bird Rock, près de Siwa, vers 1937), de l’immensité du désert vu à travers une moustiquaire trouée (Portrait de l’espace Al-Bulwayeb, près de Siwa, 1937), de sculptures prises en oblique (Colosse de Ramsès II, Memphis, 1937).
Sa rencontre avec le peintre et poète Roland Penrose la fait revenir en Europe. En 1939, elle s’installe à Londres, où elle devient photographe de mode et de guerre. Miller participe à la publication de Grim Glory : Pictures of Britain under Fire (1941), qui rend compte de la vie quotidienne pendant le Blitz et d’une partie des destructions architecturales, pour faire réagir les États-Unis et les inciter à intervenir dans la guerre.
Lee Miller obtient une accréditation de l’armée américaine pour être correspondante de guerre (1942). Elle réalise des reportages sur le front et l’engagement des femmes, publiés dans Vogue UK et US. En 1944, elle traverse la Manche pour suivre l’avancée des troupes alliées. En 1945, elle entre dans les camps libérés de Dachau et Buchenwald, témoignant avec David E. Scherman, qui opère pour Life, de l’ampleur du massacre nazi. Les deux photographes s’immortalisent dans la baignoire d’Hitler à Munich. Miller capture le suicide des gradés de Leipzig, les privations des civils, les laissés-pour-compte de la Libération.
Le parcours se termine sur son installation avec Penrose entre Londres et Farleys Farm House (Sussex), qui devient un important lieu de rencontres artistiques. Miller continue son activité de portraitiste auprès de ses proches et dérive ses expérimentations artistiques formelles vers la cuisine !
Paris Musées
À voir également, la rétrospective de Bron Gysin (1910-1986), qui a légué ses oeuvres étranges et lumineuses à la Ville de Paris.