Jacques Villeglé et l’art urbain
@museecarnavalet
Jusqu’au 14 février 2027
Musée Carnavalet, 23 rue Madame de Sévigné, Paris 3e
Le musée Carnavalet célèbre le centenaire de la naissance de Jacque Villeglé (1926, Quimper – 2022, Paris) à travers une exposition sur son art des affiches déchirées à « l’arraché » – un titre qui se réfère au poème de Louis Aragon (« Arrachez-moi le coeur et vous y verrez Paris »).
Jacques Villeglé s’installe à Paris à la fin de la guerre. Flâneur intempéré, il s’abreuve des messages qui s’affichent dans la ville en pleine mutation. La loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse régit alors les règles de l’affichage. Les bâtiments publics sont soumis à un affichage exclusivement officiel et administratif. Les autres lieux sont implicitement libres de recevoir des affiches généralement commerciales, qui se multiplient avec le développement de la société de consommation.
Le parcours retrace les différents quartiers que l’artiste a arpenté, de la Porte Maillot où il s’installe en 1956, en friche et recouverte de nombreuses palissades recouvertes d’affiches, à Saint-Germain-des-Prés haut lieu littéraire, en passant par Montparnasse, les Halles et le Marais, où il résida à partir de 1959.
Jacques Villeglé s’est spécialisé dans le décollement d’affiches urbaines, plus ou moins lacérées. Leur titre comprend le nom de la rue et la date du prélèvement. « C’était le côté sociologique de l’affiche, c’était raconter les rues de Paris », explique-t-il à Hans Ulrich Obrist et Robert Fleck (2003). Les différentes couches d’affiche, qui sont déchirées par les passants, permettent de raconter la vie des habitants. « C’est une pratique qui a été longuement mûrie », précise sa fille Valérie Villeglé.
L’exposition présente également les artistes du street art qu’il a côtoyés comme Miss.Tic ou inspirés tels OX et Joachim Romain. Elle permet de mettre en évidence les différences de pratique des uns et des autres. En réalité, « je fais exactement le contraire des artistes du street art. Mais comme ils travaillent dans la rue comme moi, on s’est entendus. Moi, je prends l’oeuvre dans la rue toute faite et je la ramène à l’atelier, et eux vont dans la rue pour ajouter quelque chose. »
Des oeuvres lacérées qui prennent sens sous nos yeux ébahis et retracent une partie de l’histoire de Paris des années 1950 à 2000.