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Ara Güler, parmi les 7 meilleurs photographes au monde

Ara Güler – Lost Istanbul, années 50/60

Jusqu’au 11 octobre 2009

Maison Européenne de la Photographie, 5/7 rue de Fourcy 75004, 6,50€

Nommé en 2000 « Photographe du siècle en Turquie », Ara Güler (né en 1928, à Istanbul), expose à la Maison Européeenne de la Photographie une sélection de clichés de son Istanbul perdue. Celle des années 1950/60, lorsque la ville subit une métamorphose urbaine et économique irréversible.

Le photographe capture avec nostalgie l’incessant mouvement d’une ville à la splendeur ottomane, en s’attachant à immortaliser ce qui est voué à disparaître. Les petits cafés, le tramway, l’activité fébrile du port qui surplombe le Bosphore.

Photoreporter et correspondant au Proche-Orient pour les grands médias occidentaux (Time-Life, Paris Match, Der Stern), Ara Güler rencontre dans les années 1960 Henri Cartier-Bresson, qui le fait rejoindre l’agence Magnum à Paris.

Si les deux hommes partagent une même approche humaniste, le regard d’A. Güler est plus empreint de réalisme, bien que temporisé par une certaine poésie, que celui de son confère français.
En attestent le visage buriné et grave de femmes de campagnes dont on devine le labeur, l’absence de joie dans les yeux des petits qu’elles portent ou d’innoncence dans le regard d’un petit garçon, un revolver enfoncé dans la bouche.

Une vidéo en fin de parcours montre un autre aspect du travail d’Ara Güler. Celui des portraits de mondanités (Orson Welles, Fellini, Chagall, Calder, Bill Brandt,…). « Notre monde a été créé par des artiste, je les ai cherchés partout et photographiés », confie-t-il.

Accompagné de sa fille pour le vernissage, ce vaillant père de 81 ans a encore fière allure. Mémoire vivante d’une élite cultivée, multilingue, qui a connu la fine fleur d’une ère artistique révolue. L’homme porte dans son regard la diversité planétaire – tant géographique que temporelle – qu’il a rencontré au cours de sa carrière.

« Depuis l’Ara Café (café installé au rez-de-chaussée de la maison où il a grandi), il regarde, amusé, le monde s’agiter autour de lui, les visiteurs se succéder et sa notoriété prospérer », conclut Laura Serani dans sa préface de l’exposition, intitulée Ara Güler, Seigneur d’Istanbul.

A voir aussi: le Festival @rt outsiders 2009 sur les environnements extrêmes (en cours de montage lors du vernissage mais prometteur) et les surprenantes photographies des croupes chevalines de Pierre Keller au haras de Cluny (1988), tirées à partir d’un Polaroïd.

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