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Lettres de Panduranga

Philippe Halsman — Marilyn Monroe, 1959. Musée de l’Elysée © 2015 Philippe Halsman Archive / Magnum PhotosPhilippe Halsman/Omer Fast/Nguyen Trinh Thi

Jusqu’au 24 janvier 2016

[fnac:http://plateforme.fnacspectacles.com/place-spectacle/manifestation/Exposition-PHILIPPE-HALSMAN–OMER-FAST-HALSM.htm]

Catalogue de l’exposition : 

Jeu de Paume, 1 place de la Concorde, Paris 8e

Le Jeu de Paume propose une belle rentrée, entre les photographies de Philippe Halsman (1906-1979), le documentaire fictif de l’israélien Omer Fast (né en 1972) et l’essai filmique de la Vietnamienne Nguyen Trinh Thi (née en 1973).

PHILIPPE HALSMAN

Philippe Halsman s’installe à Paris entre 1930 et 1940. Il travaille pour Vogue, Vu et Voilà, réalise de nombreux portraits de célébrités tels Marc Chagall, Le Corbusier ou André Malraux. Il expose aux côtés de Man Ray, André Kertész, Brassaï et Laure Albin Guillot à la galerie avant-gardiste La Pléiade.

Suite à l’invasion allemande, il se réfugie à New York. Il collabore avec Life, capture les traits de Marilyn Monroe, Rita Hayworth, Duke Ellington, le duc et la duchesse de Windsor, Richard Nixon, Albert Einstein, etc.. Il réalise ainsi 101 couvertures pour ce magazine qui a été le premier à être illustré uniquement par la photographie.

Avec Dali, la star de la photographie invente la « jumpology » – faire sauter les modèles pour offrir un portrait, je n’irai pas jusqu’à dire plus naturel, mais en tout cas, moins coincé plus spontané des sujets !

Le Jeu de Paume offre ici une rétrospective complète (planches et tirages par contact, épreuves préliminaires, photomontages, originaux et maquettes) de son oeuvre variée (portraits, mode, reportages, publicité, projets personnels, commandes privées et institutionnelles).

OMER FAST

A mi chemin entre le documentaire et la fiction, le cinéaste israélien, travaille sur la narration et la mémoire – comment des événements sont-ils mémorisés et transformés – sur des sujets géopolitiques comme la guerre en Afghanistan.

Son installation au Jeu de Paume débute par CNN Concatenated, un montage d’enchaînement de voix de présentateurs de CNN (du « réel historique ») pour glisser vers la fiction avec Continuity Diptych qui met en scène le retour chez ses parents d’un jeune soldat allemand parti lutter contre le terrorisme en Afghanistan. Et se terminer par un questionnement des nouvelles formes de guerre à distance avec 5,000 Feet is the Best.

NGUYEN TRINH THI

Lettres de Pandauranga (commande du Jeu de Paume, 2015) se déroule auprès des villageois de l’ethnie Cham. Ils vivent dans le dernier territoire de l’ancien royaume de Champa, fondé il y a près de 2.000 ans et annexé en 1832 par le royaume du Dai Viêt (actuel Vietnam). Panduranga est le nom ancien (aujourd’hui, il se nomme Ninh Thuân) du centre spirituel de la culture matriarcale cham.

Or, il s’avère que le gouvernement vietnamien souhaite construire les deux premières centrales nucléaires du pays dans cette province. Sans demander l’avis des villageois [évidemment. Débat public et liberté des médias constituant des notions hérétiques pour bien des hommes de pouvoir…]

Le film nous fait découvrir la tentative de résistance des Cham, les paysages maritimes et terrestres de la région, les rituels sacrés et profanes de leur culture. En contrepoint, il dresse un portrait de l’artiste plasticienne tenant ici le rôle de vidéaste.

Pour une fois, j’ai largement préféré la sélection de la programmation Satellite ! Je vous recommande de commencer par le plus classique (Halsman) pour descendre voir Le présent continue (captivant mais vire dans la violence, âmes sensibles s’abstenir) et terminer sur les Lettres de Penduranga, le plus poétique des trois, de part sa forme épistolaire (un homme et une femme lisent en voix off les lettres qu’ils se sont écrites) et la manière dont les individus sont filmés.

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