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Le temps retrouvé : la collection Schlumberger

Vente aux enchères du 22 octobre 2026
Exposition publique du 16 au 22 octobre 2026

Sotheby’s Paris, 83 rue du Faubourg Saint Honoré, Paris 8e

Sotheby’s Paris met en vente un ensemble de chefs-d’oeuvre impressionnistes et modernes, réunis pendant plus de 40 ans par Jeanne Schlumberger, femme de l’industriel français Marcel Schlumberger, avec l’aide de la galeriste Katia Granoff. Iris (1924-25) et Saule Pleureur (1918) de Monet constituent la pierre de lance de cette collection estimée à 40 millions d’euros.

Iris in situ © Damien Perronnet, Blok Design Group & Art Digital Studio, Sotheby’s

Iris appartient aux oeuvres tardives de Monet, (il meurt en 1926). Dans sa dernière décennie, le peintre toujours en mouvement s’installe durablement à Giverny, pour laisser libre cours à ses expérimentations artistiques. Il cherche à traduire sur toile la lumière, par essence changeante, à capturer les effets atmosphériques qui incarnent de fait le temps qui passe.

Claude Monet, Iris © Damien Perronnet, Blok Design Group & Art Digital Studio, Sotheby’s

Cette oeuvre de grande dimension (160 x 180 cm), peinte dans son jardin, au bord de son bassin d’eau, est estimée entre 22 et 30 millions d’euros, soit la plus haute estimation jamais attribuée à une peinture présentée aux enchères en France.

« On trouve ici, réunis dans une seule toile, le terrestre, l’aquatique, le végétal et le céleste », commente Mariane Mathieu (historienne de l’impressionniste, spécialiste de Claude Monet et Berthe Morisot). Dans sa partie droite, les empâtements de couleur confondent la ligne d’horizon avec celle de l’eau ; ils préfigurent l’expressionniste abstrait américain.

Jeanne Schlumberger (1889-1983) © Anonymous photographe. Courtesy of the Schlumberger Family Archives

Ainsi, Jeanne Schlumberger avait compris bien avant les autres que les oeuvres tardives de Monet ne représentaient pas la fin de l’impressionnisme, mais annonçaient le début du modernisme.

Claude Monet, Saule pleureur © Eléa Lefèvre, Blok Design Group & Art Digital Studio, Sotheby’s

Iris est présenté à côté de Saule pleureur (ou L’Arbre de feu), estimé entre 9 et 12 millions d’euros, deux tableaux transmis directement de Monet à son fils Michel, avant de rejoindre la collection Schlumberger via Katia Granoff. Dans cette toile, l’artiste sort directement la couleur des tubes pour l’appliquer en empâtements qui jouent sur la théorie novatrice de l’illusion optique.

Paul Cézanne, La Ferme © Louis Blancard, Blok Design Group & Art Digital Studio, Sotheby’s

La collection comprend également les fragments d’une fresque murale composée par le jeune Paul Cézanne dans la maison familiale du Jas Bouffan en Provence (1862-1864), aujourd’hui classés Trésors nationaux (La Ferme, Arbres au bord de la rivière, Ciel entre les arbres).

Camille Claudel, La Valse – full view © Damien Perronnet, Blok Design Group & Art Digital Studio, Sotheby’s

S’y ajoutent trois petites toiles de Gustave Moreau (Rêve d’Orient, 1971) et La Valse, petit modèle de Camille Claudel (conçue en 1895, fondée en 1905) – oeuvres particulièrement poétiques et sensuelles.

Pierre Bonnard, La Cueillette des prunes © Blok Design Group & Art Digital Studio, Sotheby’s

D’autres tableaux de Pierre Bonnard (La cueillette des prunes, vers 1899), Eugène Delacroix, Chaïm Soutine, complètent cet ensemble de 28 chefs-d’oeuvre, restés à ce jour en mains privées, que le public à l’occasion de découvrir avant que les pièces ne soient dispersées lors de la vente aux enchères.

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