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De l’Alhambra au Taj Mahal

Radha et Krishna sur un bateau Rajasthan, vers 1860 Nasser D. Khalili Collection of Islamic Art (MSS 989) Copyright Nour Foundation. Courtesy of the Khalili Family TrustJardins d’Orient

Jusqu’au 25 septembre 2016

[fnac:http://plateforme.fnacspectacles.com/place-spectacle/festival/Musee-Exposition-Jardins-d-Orient-a-l-Ima-FESTJARDIA.htm]

Catalogue de l’exposition : 

Institut du Monde Arabe, 1 rue des Fossés Saint-Bernard, Paris 5e

L’Institut du Monde Arabe (IMA) présente l’art des jardins d’Orient, de la haute Antiquité à nos jours, de la péninsule ibérique (Alhambra) au sous-continent indien (Taj Mahal). Respectant la tradition orientale, l’exposition – conçue comme une promenade – se prolonge de l’intérieur vers l’extérieur pour accéder à un « vrai » jardin, doté d’une anamorphose.

Le jardin oriental se définit par ses canaux géométriques qui suivent les quatre points cardinaux, les senteurs et la luxuriance végétale, les jeux d’ombre et de lumière, le bruissement de l’eau et le chant des oiseaux. En un mot le paradis ! Terme issu du grec paradeisos qui signifie espace clos.

Les jardins d’Orient trouvent leurs origines dans le croissant fertile, lorsqu’apparaissent les oasis en Mésopotamie, il y a près de 6.000 ans. Etendues d’eau bordées de palmiers qui rompent avec la sécheresse des déserts alentours.

Entre le VIIIe et le XIe siècle, la science des canaux transforme les paysages. Ponts, barrages, digues, dérivation des cours des fleuves, protection contre les crues témoignent de la maîtrise des hommes sur l’eau.

Les jardins deviennent dès lors un enjeu de pouvoir. Leur luxuriance témoigne de la richesse du monarque, assimilé à un magicien qui fait jaillir la lumière et la profusion de terres arides. Cyprès, lauriers, platanes, pins, arbres fruitiers, tulipes, roses, anémones… La végétation est dense et protège des regards indiscrets. Elle offre ombre et intimité. En littérature, à l’image des Milles et Une Nuits, le jardin accueille les jeunes princes qui trônent sur le belvédère dominant des parterres fleuris ; les fleurs incarnent la beauté des jeunes filles qui les accompagnent.

Paradigme du jardin oriental : le jardin Marjorelle à Marrakech, conçu et coloré comme un tableau. « On songe immédiatement à Matisse : nous sommes en effet inondés de couleurs, de verts glacés, de jaunes acides et de bleus profonds comme si nous nous trouvions au centre même d’un de ses tableaux », commente Pierre Bergé.

Pour terminer, Sylvie Depont, commissaire de l’exposition, a demandé à Michel Péna s’il pouvait « revisiter l’art des jardins d’Orient à l’aune de nos besoin de citadins privés de nature ».

Le paysagiste a répondu par un jardin dont la promenade stimule les sens. La vue bien sûr, mais aussi l’odorat : les effluves de roses, jasmins, fleurs d’orangers chatouillent les narines. Et l’ouïe : les eaux ruissellent et dévalent en cascatelles des escaliers de rosiers. Pour autant, la végétation n’est pas aussi luxuriante qu’un jardin oriental authentique car le sol en béton ne pouvait supporter le poids des végétaux. « Cela reste un jardin urbain », prévient M. Péna.

Le visiteur a le choix entre déambuler dans les allées ou suivre une passerelle qui mène à l’anamorphose, imaginée par François Abélanet. Elle révèle un polygone étoilé à huit branches qui offre la synthèse du cercle (le divin, l’origine, la perfection) et du carré (la terre, la création). Il est suspendu pour évoquer les mythiques jardins de Babylone.

L’exposition est un délice, un havre de paix au coeur de la tumultueuse capitale. Néanmoins deux choses m’ont frappée. Après avoir vu la beauté et l’intelligence des oeuvres anciennes évoquant les jardins d’Orient, on se retrouve nez à nez avec des photographies contemporaines de parcs en Afghanistan où des femmes gantées, portant la burqa piquent-niquent « librement ». Drôle de choc, de retour à la réalité, après cette promenade paradisiaque. D’autre part, l’anamorphose tant attendue n’est pas clairement identifiable, la vision étant brouillée par les plantes alentours. Sans doute le fait d’avoir dû composer avec deux créateurs, chacun voulant imposer ses végétaux !

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