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Panorama de l’art teinturial

Chemins de couleurs – Teintures et motifs du monde

Jusqu’au 4 janvier 2009

[fnac:http://plateforme.fnacspectacles.com/place-spectacle/manifestation/Musee-DROIT-D-ENTREE-AU-MUSEE-BRANL.htm]

Musée du quai Branly, Galerie suspendue Est, quai Branly ou rue de l’Université 75007, 7 à 10€

DEUXIEME PARTIE: TEINTURES ET MOTIFS DU MONDE

Première exposition de pièces présentant les collections du musée du quai Branly, « Chemins de couleurs » met en valeur le rôle fonctionnel et décoratif des tissus à travers le monde. Une sélection admirable.


L’exposition, organisée par Françoise Cousin (ethnologue), emmène le visiteur de l’Amérique à l’Océanie en passant par l’Afrique  et l’Asie et explore les spécificités des tissus de chacun de ces continents. Le choix originel du musée du quai Branly étant de s’intéresser aux cultures non-européennes, la sélection ne comprend pas de tissus de notre continent. Au grand regret de la commissaire et du notre!

« Les tissus font partie des productions humaines qui ont le plus voyagé et depuis très longtemps. Les routes commerciales, les guerres, les conquêtes ont favorisé les emprunts, les ‘transferts de technologie’, les cadeaux de prestige, les taxes; les décors et les procédés de fabrication se sont alors échangés, se sont influencés », explique F. Cousin. D’où la diffulté à définir l’origine précise des textiles. En revanche, « ce qui est très fécond, c’est d’observer comment les différentes cultures ont, au cours des siècles, tiré partie des procédés pour développer des styles propres, identifiables, ou à l’inverse, ont poursuivi ce métissage stylistique ».

LA TEINTURE A RESERVES

Il s’agit d’un processus décoratif qui repose sur l’absence de teinture sur certaines parties du tissu, constituant des « réserves » en reliefs, maintenues temporairement par ligature, nouage, couture. Le tissu, initialement plat, prend alors une forme en trois dimensions (à l’inverse du batik par exemple qui nécessite d’être lisse pour être enduit de cire, gomme, etc.). « Et c’est la trace en négatif laissée par les réserves sur le tissu teint qui crée le décor », précise Françoise Cousin.

Ce procédé de teinture peut être mis en oeuvre sur le coton, le raphia, la soie, la laine, le cuir, le pandanus (plante tropicale répandue dans le Pacifique).
Lorsque le tissu est plié en accordéon ou selon un ou deux axes, le décor se déploie selon des règles de répétition, d’inversion ou de symétrie.
L’indigo (Cameroun) est souvent utilisé comme teinture unique, tandis que la polychromie résulte de bains successifs de teintures naturelles ou de synthèse.

La teinture représente traditionnellement une activité féminine. Les textiles jouent un rôle dans les parades, les mariages ou les cérémonies religieuses.

Ceintures, nappes, outres (Maroc, Aurès, Kabylie), corsages (Sénégal), pagnes (Nigéria), soie de Syrie, robes en laine de l’Himalaya, turbans du Rajasthan, écharpes de Sumatra et de Bali, kimonos japonais, forment l’essentiel des pièces présentées dans cette exposition.

Un enchantement visuel  grâce à la sélection rigoureuse de Françoise Cousin, qui voulait prouver, outre la diversité des motifs et des usages de ces tissus, que l’apprentissage de cette discipline est loin d’être rébarbative!

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