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Félins

Jusqu’au 21 avril 2024

#ExpoFélins

Muséum National d’Histoire Naturelle, Grande Galerie de l’Évolution, Jardin des Plantes, Paris 5e

Les trente-huit espèces de félins présents sur Terre sont présentés en chair (morte!) et en os au Muséum National d’Histoire Naturelle (MNHN). Cette exposition, qui mêle sciences naturelles, géographie, histoire et culture, invite à prendre conscience de leur fragilité – en dépit de leur puissance physique – face à l’activité humaine, dévastatrice pour leur habitat.

Guépard (Acinonyx jubatus) © F.-G. Grandin – MNHN

Le parcours expose des spécimens naturalisés, restaurés pour l’occasion. Il met en avant leur qualité de prédateur et leurs relations complexes face aux humains.

Les félins sont l’une des familles de mammifères les plus représentées dans les livres et les films. On a récemment découvert qu’ils ont été présents dans la culture humaine, bien avant les domestications égyptiennes, il y a 5 700 ans. En 2002, un site archéologique à Chypre a permis de mettre au jour un squelette complet d’un chat inhumé avec un jeune homme ; c’est la « sépulture au chat » de Shilourokambos, vieille de 9500 ans.

Panthère des neiges © E. Baril

Parmi les espèces les plus connues, on trouve le lion, le tigre, la panthère, le chat domestique. On connaît moins le chat pêcheur, le chat à tête plate ou le guigna. Une vidéo présente le cas du lynx, disparu de France, réintroduit en Suisse dans les années 1970, et qui fait timidement sa réapparition dans le Jura.

Squelette de puma © J.-C. Domenech – MNHN

Pour évoquer leur côté prédateur, des squelettes de félins en pleine action (course, capture, saut) sont exhibés. Avec les spécificités de chacun : ouïe, vue et toucher ultra développés.

Lions © F.-G. Grandin – MNHN

La partie qui m’a le plus intéressée est la relation entre les félins et les hommes, dans le temps et l’espace. Dans l’Égypte antique, plusieurs dieux ont des têtes de lion telle Sekhmet (« la puissante »). Le Sphinx a un corps de lion. En Afrique, les chefs de village et le roi arborent des objets de prestige à l’effigie du léopard (Bénin) ou du lion (Zambie). En Asie, notamment en Chine, c’est plutôt le tigre qui est considéré comme le roi des animaux. Le seau de l’Empereur reprend les rayures de l’animal et dessinent le caractère chinois 王 wáng qui signifie « roi ». Dans les civilisations précolombiennes, le jaguar incarne le soleil nocturne qui, chaque nuit, effectue un voyage souterrain, d’ouest en est.

Une section aborde la question de la domestication avec les animaux « exotiques » soumis à la mode des selfies…

Le parcours se termine sur le cas du chat, cet animal tant aimé-détesté, réhabilité en France à partir du XIXe siècle grâce aux intellectuels et artistes.

Une exposition très bien conçue, idéale à voir en famille, à l’approche des vacances de Pâques. Seul petit bémol : la vue et l’odeur forte des animaux naturalisés pourraient déranger certaines âmes bouddhistes !

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