Walasse Ting

Walasse Ting. Beauté, 1969/70. Encre et couleurs sur papier. Paris, musée Cernuschi (c) Musée Cernuschi / Roger-Viollet / The Estate of Walasse Ting / Adagp, 2016Le voleur de fleurs

Jusqu’au 26 février 2017

Catalogue de l’exposition : 

Musée Cernuschi, 7 avenue Vélasquez, Paris 8e

Le musée Cernuschi présente 70 oeuvres restaurées et encore jamais exposées de l’artiste chinois Wallace Ting (1928-2010), entré dans la collection du musée des arts de l’Asie de la Ville de Paris à l’âge de 27 ans, seulement.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Paris découvre la pensée taoïste le bouddhisme zen, renouvelant son intérêt pour les arts asiatiques. Sont alors présentées pour la première fois dans la capitale (1954) les oeuvres de Wallace Ting, artiste né à Shanghai, actif à Paris aux côtés de Pierre Alechinsky, puis à New York (à partir de 1957) et enfin à Amsterdam.

« L’entrée au musée des oeuvres de Walasse Ting […] est le signal de l’arrivée d’une nouvelle génération de peintres chinois en France, celle de Chu Teh-chun, de Wu Guanzhong et de Zao Wou-ki », commente Eric Lefebvre (directeur du musée Cernuschi), commissaire de l’exposition.

Walasse Ting. Sans titre (cheval), vers 1952/54. Encre sur papier. Paris, musée Cernuschi (c) The Estate of Walasse Ting / Adagp, 2016 / Photo Stéphane Piera / Roger-Viollet

Le parcours débute sur ses oeuvres inspirées de sa rencontre avec le mouvement CoBrA, qui favorise les expérimentations et l’expressivité des oeuvres : figures hybrides, traits disproportionnés, aplats noirs de forme calligraphique et résultant de multiples projections. L’artiste adhère à l’action painting et au dripping.

Dans les salles suivantes la couleur revient, éclatante, surchargée de couches d’acrylique. Walasse Ting (de son vrai nom Ding Xiongquan) représente en fait la juxtaposition d’un prénom occidental et d’un nom de famille chinois – coutume fréquente au sein de la diaspora chinoise -. Mais dans le cas de W. Ting, il s’agit d’un détournement de son surnom de jeunesse (en shanghaien « Huailaixi » qui signifie « gâté ») pour se rapprocher symboliquement du nom de Matisse.

Walasse Ting. Raindrops on my eyes, 1974. Acrylique sur toile. The Estate of Walasse Ting (c) The Estate of Walasse Ting / Adagp, 2016, Photo John Sturges

Vient le temps de la synthèse entre la tradition picturale chinoise (peinture de paysage, narrative, à l’encre noire) et les arts modernes occidentaux, alliant des représentations de « Vénus Pop » – corps de jeunes femmes nues, langoureuses, inspirées des magazines – et des coulures colorées. Beauté (1969/70) représente un visage oriental avec un corps serpentiforme (issu de la mythologie chinoise), peint sur un papier xuan. « Ting est le premier artiste chinois à utiliser de l’acrylique sur ce support traditionnel », précise Eric Lefebvre.

La dernière salle présente une partie d’un rouleau représentant des Femmes Fleurs (Beauté, 1970), issuede la donation de l’artiste de 40 oeuvres à l’occasion de ses 40 ans. Les dernières oeuvres de W. Ting sont de plus en plus matissiennes. Si ses Femmes à l’éventail puis au perroquet (fin des années 1970 – années 1980) évoquent de manière délicate le gynécée par le perroquet (oiseau symbolique), elles perdent quelque peu leur connotation érotique – très présente dans ses oeuvres une décennie plus tôt -, pour laisser place au libre jeu de la couleur.

La toute première salle est déconcertante, oppressante, très abstractionniste abstrait, avec des sortes de signes calligraphiques noirs contrariés. Mais les salles suivantes s’égaient et révèlent un art dynamique, unique, mêlant avec doigté deux traditions picturales généralement opposées. A découvrir !

 

 

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