Le Mobilier national présente ses dernières créations

Sans titre, 2015 Stephen Craig Manufacture de Beauvais, 2,40 x 2,48 m 7 kg de laine, 21 couleurs, 132 jours de tissageTombée de métier

Jusqu’au 4 janvier 2017

Galerie des Gobelins, 42 avenue des Gobelins, Paris 13e

La tombée de métier est le jour où l’oeuvre est détachée de son support. Moment où l’artiste et l’artisan découvrent ensemble la réalisation, débutée plusieurs années auparavant. La Galerie des Gobelins présente les dernières créations de tapisserie, tapis et dentelle de 15 artistes d’horizons divers.

Les manufactures du Mobilier national réalisent des tapisseries de haute lisse (manufacture des Gobelins) et de basse lisse (manufacture de Beauvais), des tapis point noué (manufacture de la Savonnerie), de la dentelle à l’aiguille (atelier d’Alençon) et de la dentelle aux fuseaux (atelier du Puy).

Nappe pour 12 couverts, 2016 Ghislaine Portalis Atelier national conservatoire de la dentelle du Puy, 2,70 x 1,60 4 couleurs, dentelle en incrustation sur toile de lin, 2774 heures de tissage Atelier national du point d’Alençon, 12 livrets de 12 x 15 cm 52 couleurs, 1711 heures de tissage

Le parcours montre la vitalité d’un secteur que l’on pourrait croire suranné ! Ainsi que la diversité des savoir-faire textiles, qui datent de Louis XIV. Aujourd’hui, les artistes reprennent ces savoir-faire, permettant à l’art textile de se renouveler tout en perpétuant une tradition. « Ce n’est pas seulement la beauté qui nous émeut, c’est la force de l’histoire que chaque oeuvre nous révèle », commente Marie-Hélène Bersani-Dali (directrice du département de la production du Mobilier national), commissaire de l’exposition.

Hommage à Van Gogh Station n° 5, 2015 Albert Ayme Manufacture des Gobelins, 3,10 x 2,30 m 23 kg de laine, 27 couleurs, 287 jours de tissage

« Dans un monde hyper-technicisé, en proie à un mouvement général d’accélération, les savoir-faire artisanaux, marqués par la lenteur et la patience, paraissent offrir une forme de résistance. Dans les manufactures, le temps est suspendu. Le travail est long, c’est un avantage qui permet d’aller plus loin, à chaque étape. La liberté de l’artisan, c’est le temps », poursuit-elle.

Le monde en 9 ou La maison du calendrier, 2015 Claire Pichaud Manufacture de la Savonnerie, 4 x4 m 168 kg de laine, 56 couleurs, 1329 jours de tissage

Du Champ ensoleillé balayé par le vent (2014) de Sheila Hicks à Ecume de Frédéric Ruyant (2015), en passant par Une fenêtre au sol (2015) d’André-Pierre Arnal ou encore Le monde en 9 (2015) de Claire Pichaud, les oeuvres sont étonnantes à découvrir. Que l’on apprécie ou non les motifs, devant ces oeuvres on ne peut dire (comme on peut le penser parfois pour l’art pictural ou photographique contemporain) « qu’un enfant l’aurait fait » ou que « l’artiste ne s’est pas foulé » ! Ici, le travail requis se perçoit et force le respect.

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