Sérénissime !

Venise en fête, de Tiepolo à Guardi

Jusqu’au 25 juin 2017

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Pour acheter le catalogue de l’exposition : 

Musée Cognacq-Jay, 8 rue Elzévir, Paris 3e

Le musée Cognac-Jay présente une exposition sur la Sérénissime République de Venise au temps des Lumières – dernier âge d’or vénitien avant la conquête napoléonienne de 1797. Fêtes, célébrations, régates, spectacles théâtraux, attirent les visiteurs de toute l’Europe. Et exportent l’image d’une Venise festive, qui perdure aujourd’hui.

Giambattista Tiepolo (1696-1770), Francesco Guardi (1696-1770), Pietro Longhi (1701-1785) immortalisent les scènes de liesse, publiques et privées (ridotto ou casino), qui donnent la part belle à la musique et la danse. Pourtant, si les citoyens vénitiens bénéficient lors de ces occasions d’une apparente liberté, les arrêtés pris par le Conseil des Dix donnent à voir une autre image de la cité. Les législateurs de la Sérénissime ont en effet tenté à plusieurs reprises d’encadrer ces divertissements, qui peuvent dégénérer en luxure voir aller jusqu’au meurtre !

Dans le même temps, la commedia dell’arte connaît un essor sans précédent à Venise au 18e siècle.  La ville compte près de 16 théâtres publics (le plus grand nombre en Europe), dont 8 ouverts simultanément.
L’opéra connaît également un succès retentissant. Le genre se développe après Andromeda, drame en 3 actes écrit par Benedetto Ferrari, mis en musique par Francesco Manelli. Il est présenté pour la première fois au public en 1637 au tout nouveau théâtre San Cassiano. La musique originale, les décors recherchés, les mouvements dansés marquent le public. Par la suite, des compositeurs locaux tels Monteverdi ou Galuppi donnent au genre ses lettres de noblesse ; l’opéra est alors joué dans de somptueuses salles de spectacle telle la Fenice.

Au-delà de l’aspect divertissant des fêtes, elles transmettent l’image d’une Cité des Doges puissante et luxueuse. La place Saint-Marc et le Grand Canal constituent les deux lieux privilégiés où les instances de la République de Venise aiment convier les princes étrangers, notamment français (Henri III en 1574), pour donner leur pouvoir en spectacle. Lors de la fête de la Sensa, le jour de l’Ascension, principale fête publique vénitienne, chaque année, le patriarche de Venise béni un anneau puis le doge le jette à l’eau en prononçant les mots « Desponsamus te, mare. In signum veri perpetuique dominii (Mer, nous t’épousons en signe de notre véritable et perpétuelle domination) ». Cette fête donnait lieu à un déploiement naval réunissant des chefs politiques et ecclésiastiques de Venise ainsi que ceux de leurs hôtes étrangers.

Le dernier thème du parcours s’attarde sur le célèbre carnaval de la Sérénissime. Instituée au Moyen-Age, cette fête colorée et masquée réunit une foule cosmopolite, qui apprécie autant les attractions foraines de plein air que les divertissements plus discrets du ridotto (ancêtre du casino), où l’on ne pouvait jouer que masquer (car les jeux d’argent sont condamnés par la morale chrétienne).  La période du carnaval s’étend du 26 décembre au mercredi des Cendres (soit une période de 6 semaines). Il existait près de 70 types de masques correspondant à des personnages de la commedia ou de la culture populaire. Portés quasiment toute l’année, surtout sur la longue période du carnaval, les masques étaient seulement proscrits durant le carême. Napoléon interdira le carnaval de Venise.

 

 

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