« L’art nègre ? Connais pas ! »

Picasso Primitif

Jusqu’au 23 juillet 2017

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Pour acheter le catalogue de l’exposition : 

Musée du quai Branly – Jacques Chirac, Paris 7e

Le musée du quai Branly organise une exposition sur la relation de Picasso avec les arts primitifs, qu’il prétendait – par provocation – ne pas connaître.

Le parcours se scinde en deux parties. La première relate pas à pas la confrontation de Picasso avec les objets d’art africains et océaniens. En 1907, il acquiert sa première oeuvre extra-européenne : un tiki des îles Marquises. Cette même année, il visite le musée du Trocadéro, dont il sort si bouleversé qu’il retravaille ses Demoisellles d’Avignon – oeuvre débutée en 1906 et achevée en juillet 1907. Picasso acquiert et conservera sa vie durant des oeuvres d’art primitif. Il vit avec elles, elles le nourrissent de leur force plastique.

« Mes plus pures émotions, je les ai éprouvées dans une grande forêt d’Espagne, où, à seize ans, je m’étais retiré pour peindre. Mes plus grandes émotions artistiques, je les ai ressenties lorsque m’apparut soudain la sublime beauté des sculptures exécutées par les artistes anonymes d’Afrique. Ces ouvrages d’un religieux, passionné et rigoureusement logique, sont ce que l’imagination humaine a produit de plus puissant et de plus beau. Je me hâte d’ajouter que cependant, je déteste l’exotisme. » (Picasso à G. Apollinaire, Correspondances, Paris, Gallimard, 1992)

C’est là le propos de l’exposition, démontré dans la seconde partie « Corps à corps ». Loin d’être une simple source d’inspiration, l’art extra-européen représente pour Picasso une réponse « primitive » – à ne pas prendre au sens formel, mais au sens premier du terme, à savoir l’acte créateur primordial – à une quête artistique. Qui cherche à traduire le pouvoir des images (par les procédés de métamorphoses notamment) et l’indicible en explorant les forces de l’inconscient (le ça, selon le terme freudien). Cette seconde partie confronte les oeuvres de Picasso – une centaine – à celles d’artistes non occidentaux, selon une démarche anthropologique.

« Dire que Picasso s’inspire fortement des oeuvres d’art primitif serait réduire le spectre de son génie », commente Yves Le Fur (directeur du département du patrimoine et des collections du MQB – Jacques Chirac), commissaire de l’exposition, qui souhaite faire comprendre qu’il faut dépasser le simple constat de relations esthétiques entre les oeuvres du maître et celles d’anonymes extra-européens.

Il appartient certainement à chacun de sentir s’il s’agit d’une simple inspiration ou de quelque chose de plus profond. Mais on ne pourra nier que la confrontation des oeuvres est percutante et que l’on ressort avec un nouveau regard sur l’oeuvre du maître, qu’il en soit élargi par cet éclairage ou bien restreint (Picasso, copieur ?!!), n’en déplaise au commissaire de l’exposition !

 

 

 

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