Paysages japonais

De Hokusai à Hasui

Jusqu’au 2 octobre 2017

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Musée national des arts asiatiques – Guimet, 6 place d’Iéna, Paris 16e

Le musée Guimet présente une centaine d’estampes et quelques photographies anciennes issues de ses collections, pour découvrir le paysage japonais, incarné par la célèbre Sous la grande vague de Hokusai.

La collection d’estampes japonaises du musée a été formée dès le début du japonisme en France. Elle comprend de magnifiques exemplaires de paysages (sansui), expression de l’harmonie fondamentale entre la nature et l’être humain. L’association des idéogrammes montagne (san) et eau (sui) traduit une vision lettrée et chinoise du paysage, selon la conception taoïste de l’univers opposant les entités Ying et Yang. L’usage du bleu dit de Berlin, créé en Europe en 1704, sublime les entités du ciel et de l’eau.

Les peintres japonais ont ainsi peint des lieux renommés de leur archipel (Trente-six vues du mont Fuji de Katsushika Hokusai, 1831/32), des étapes itinéraires (Cinquante-trois relais du Tôkaidô, de Hiroshige), le cycle des saisons (Neige sur le temple Zôjôji, Shiba, Tokyô de Kawase Hasui et Cerisiers en fleur à Yoshino de Hiroshige).

Mais la peinture de paysage japonais, qui trouve son apogée au 19e siècle, ne se réduit pas à une ode à la nature. Le paysage s’étend aux visions panoramiques urbaines (Cent vues des lieux célèbres d’Edo, 1857 de Utagawa Hiroshige). Au 20e siècle, Kawase Hasui renouvelle le genre de l’estampe sous le nom de shin-hanga (littéralement « nouvelles gravures »), reprenant la tradition d’un mode coopératif de l’ukiyo-e. A l’inverse de l’estampe d’avant-garde sosaku-hanga qui affirme l’indépendance de l’artiste dans le processus de production. La palette très colorée de K. Hasui enregistre les modifications spatiales du pays suite à sa modernisation. Ces dernières années, la Société des Amis du musée Guimet a permis d’enrichir le fond du musée en acquérant quelques-unes de ses estampes, datant d’avant le grand incendie de Tokyo en 1923. Elles sont ici exposées pour la première fois.

On découvre ces décors d’une nature divinisée ou humanisée sur divers supports : toiles, paravents, éventails, présentés dans la rotonde du musée. Outre la majestuosité qui se dégage de ces estampes – j’étais subjuguée par la splendeur du bleu de Berlin ! – cette exposition offre la découverte du lien inédit entre estampe et photographie ancienne, la première influençant la seconde. Une petite exposition à découvrir en complément de 113 ors d’Asie.

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