Olga Picasso

La première épouse de Pablo Picasso

Jusqu’au 3 septembre 2017

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Pour acheter le catalogue de l’exposition : 

Musée National Picasso, 5 rue de Thorigny, Paris 3e

Le musée national Picasso-Paris consacre une exposition à la première épouse de l’artiste, Olga Khokhlova (1891-1955). Bien que le couple se sépare  en 1935, la figure d’Olga hante la peinture du maître jusqu’à la morte de celle-ci.

Olga Khokhlova, fille de colonel, entre dans la prestigieuse troupe des Ballets russes dirigés par Serge Diaghilev en 1912. Elle rencontre Pablo Picasso à Rome, lorsque celui-ci prépare les décors et costumes du ballet Parade (musique d’Erik Satie, texte de Jean Cocteau, chorégraphie de Léonide Massine). Ils se marient en 1918, à l’église orthodoxe de la rue Daru (Paris 8e), avec pour témoins Jean Cocteau, Max Jacob et Guillaume Apollinaire.

Olga commence à apparaître dans l’oeuvre de Picasso, alors de facture classique. Ses formes renvoient aux nus d’Ingres mais son visage trahit une mélancolie latente. La jeune femme est en effet rongée entre son bonheur et le quotidien tragique que vit sa famille. Son père et ses frères font tous carrière dans l’armée du Tsar qui doit abdiquer en février 1917. Le gouvernement provisoire est renversé en octobre de la même année et plusieurs années de guerre civile s’ensuivent. Son père disparaît, sa mère et ses frères sont plongés dans la misère.

La naissance de leur unique enfant, Paul, en février 1921, inspire à Picasso de nombreuses scènes de maternité. Les formes de sa muse renvoient au regain d’intérêt du peintre pour l’Antiquité et la Renaissance, découvertes en Italie et réactivées par un séjour estival à Fontainebleau ((1921).

1927 marque la cassure de ce bonheur à trois. Picasso rencontre Marie-Thérèse Walter, âgée de 17 ans. La figure d’Olga évolue. En 1919, dans le Grand Nu au fauteuil rouge, son corps ressemble à une guimauve tandis que sa bouche hurle sa douleur. Parallèlement, Marie-Thérèse inspire à l’artiste une série de baigneuses, exécutées à Dinard, où Olga, Picasso et Marie-Thérèse séjournent, la dernière clandestinement. Si Olga est recouverte de couches sombres et grises, une autre rayonne dans des postures aériennes, voire érotiques.

Picasso n’arrive pas pour autant à se détacher d’Olga, qui reste sa femme jusqu’à la mort de celle-ci (1955). Dans son oeuvre, elle se métamorphose en femme de plus en plus menaçante. Dans Buste de femme avec autoportrait (1929), la bouche d’Olga semble manger le portrait de profil de Picasso.

L’artiste traduit encore sa vie intime dans des scènes de crucifixions et corridas, qui offrent des métaphores de la crise du couple. Puis, Picasso se dote d’un nouvel alter ego : le Minotaure. Il s’invente sa propre mythologie dans la fable Minotauromachie.

En 1935, Marie-Thérèse donne naissance à Maya et le couple se sépare définitivement. La présence d’Olga se fait alors plus apaisée (Interior with a Girl Drawing, 1935). Olga écrira quotidiennement à son mari après leur séparation. Et finira dans un institut spécialisé (clinique Beau-Soleil à Cannes).

L’artiste italien Francesco Vezzoli (né à Brescia, en 1971) lui rend hommage en exécutant 19 portraits réalisés d’après des photographies sélectionnées dans les archives privées de la Fundacion Almine y Bernard Ruiz-Picasso para el Arte (FABA). Ils sont agrandis et retravaillés par les techniques du collage ou de la broderie, qui viennent surajouter des motifs de larmes ou des personnages des Ballets russes. Ces portraits incarnent la souffrance de cette femme pourtant riche et célèbre. « Olga pleure tous les ballets qu’elle n’a pas dansés par amour pour Picasso », commente l’artiste.

Un parcours inédit qui offre un nouvel éclairage sur les oeuvres de jeunesse de Picasso. A découvrir !

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