La rare liberté du geste d’Alexis Fraikin

120x120, huile sur toile, 2006Alexis Fraikin 2006

Galerie Brun Léglise, 51 rue de Bourgogne 75007
7 novembre – 2 décembre 2006
01 53 59 94 00

Récente sur le marché de l’art, la Galerie Brun Léglise se distingue déjà par la qualité des artistes qu’elle suit et défend. A juste titre.


Après Pascale Montandon, Alexis Fraikin fait partie de ces jeunes artistes – 36 ans – que la galeriste a présenté lorsqu’elle a ouvert pignon sur rue. Aujourd’hui, elle expose l’évolution de sept ans de travail.

Les personnes assistant au vernissage saluent unaniment la maturité du style du jeune homme effilé. Les compliments fusent de part et d’autre. Intriguée par tant d’enthousiasme pour un art, qui au premier regard déroute par son semblant d’enfantillage, choque par la violence des coups de couteau dans l’huile et la confrontation de couleurs criardes, j’ai pris le temps de regarder chaque toile. Et décider si c’était – ou non – une simple marque de politesse envers l’artiste présent…

Alors, qu’ai-je vu ?

Diptyque, 160x67, huile sur toile, 2006Des formes organiques type Shadocks, rondouillardes, molles comme les Barbapapa mais dont le contour est nettement tracé – voire taillé – de sutures noires. Ce qui incite le contenu coloré à s’échapper de ce contenant réprimant. Car ces créatures bougent, se déhanchent.

Encres sur papier, 2006Des paysages, industriel – telle cette cheminée d’usine (?) -, champêtre – tel ce champignon (?), – théâtral – telle cette ballerine (?). On est en présence de formes reconnaissables, familières, mais à la fois si étrange(re)s, si extra-terrestres. D’ailleurs, les toiles ne portent pas de nom.
Finalement, je ne savais plus très bien ce que je regardais. Et c’est bien là le but de l’artiste. Il nous attend au tournant pour mieux nous tendre la main. En effet, il offre généreusement à chaque inconscient la possibilité de faire ressurgir ses propres souvenirs pour nous permettre de voir ce que l’on a envie d’y voir.

125x125, huile sur toile, 2006Alexis n’est pas passé par la grande école des Beaux-Arts. C’est un autodidacte. Et son oeuvre est là pour le prouver. Allez trouver ailleurs cette liberté de geste, cette insolence de couleurs dans un côtoiement d’huiles sombres et de rouges hispanisants, voire de fluos effrontés!

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Sculpture, 2006Dernier élan – ou inconscience – de jeunesse? Alexis n’a peur de rien. Il part à la41x31, pastel 41x31, 2006 conquêtes de terres vierges qu’il laboure de ses mains. Il touche à tout. Huiles, pastels – qui, encore aujourd’hui, les travaillle? – encres sur papier, et nouveauté du crû 2006: des sculptures sur bois, présentées en vitrine. Comme deux cerbères protégeant l’entrée du temple.

Mais n’ayez crainte d’entrer. Une fois averti, le premier choc initial ne pourra que se transformer en émotion tendre face à ces figures qui nous rappellent nos dessins animés d’enfance.
L’harmonie qui ne tient qu’à un fil dans ces compositions denses finit par l’emporter. Symbole d’une dure bataille entre l’artiste et son oeuvre. La « crise » – seul mot que j’ai pu tirer de son mutisme rebelle aux questions! – est passée.

Pour marque-pages : Permaliens.

Une réponse à La rare liberté du geste d’Alexis Fraikin

  1. Chantal V. dit :

    Travail singulier que je découvre. qui est cet artiste ? on a envie d’en savoir plus ! Chantal

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