Kimono

Au bonheur des dames

Jusqu’au 22 mai 2017

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Catalogue de l’exposition : 

Muse nationale des arts asiatiques – Guimet, 6 place d’Iéna, Paris 16e

Le musée Guimet présente pour la première fois hors du Japon des kimonos issus de la collection de la maison Matsuzakaya, fondée en 1611, qui a contribué à diffuser l’usage du kimono auprès des élites japonaises. Les pièces historiques côtoient les vêtements de haute-couture qui s’inspirent de ce vêtement essentiel de la garde-robe japonaise.

Le sous-titre de l’exposition fait référence au célèbre roman d’Emile Zola, pour évoquer la naissance de la maison de mode féminine Matsuzakaya, mais par effet de miroir car la sortie du féodalisme japonais au début de l’époque d’Edo s’accompagne d’une période d’épanouissement économique et culturel (contrairement aux conditions de concurrence commerciale dénoncée par Zola).

Le parcours est scindé en trois parties, révélant les premiers kimonos datant de la période d’Edo (1603-1868), les accessoires et leur usage dans le cadre du mariage (transition), et les pièces des créateurs japonais (Issey Miyake, Kenzo Takada, Junko Koshino) et occidentaux (de Madeleine Vionnet et Jean Poiret à YSL, J.P. Gaultier, Franck Sorbier, John Galliano).

A l’origine, le kimono – dénommé alors « kosode » – était porté comme un vêtement de dessous par l’aristocratie. Avant d’être adopté par la classe des samouraïs comme vêtement extérieur, puis d’être adopté par l’ensemble des classes de la population. Seuls les ornements, couleurs et accessoires permettent de différencier les kimonos masculins des féminins, dont la forme générique forme la lettre T.

Ce vêtement emblématique des Japonais a stimulé la créativité des industries textile. Sa réalisation nécessite techniques complexes et patience : étoffes nouées et teintes minutieusement à la réserve, précieux tissus aux armures alambiquées et fils d’or. L’apogée décorative se situe avant le milieu du 18e siècle : saisons, paysages, calligraphie, motifs du théâtre Nô…

Le kimono est porté en France comme vêtement d’intérieur, à partir du 19e siècle, alors en plein japonisme. Mais contrairement à l’image exotique et érotique que s’en fait l’Occident, « le kimono n’est pas cette robe de chambre souple, moulant tendrement le corps féminin ou retombant en plissé délicat sur un fauteuil de la chambre d’Albertine et dont il laisse deviner les missives amoureuses sortant d’une poche intérieure », explique Sophie Makariou (président du musée Guimet). N’en déplaise à Marcel Proust, les kimonos n’ont pas de poche !

Et de poursuivre :  » le kimono est raideur, maintien, contrainte. Si l’on suit toute la rigueur du procédé de fabrication, depuis un rouleau de tissu d’une largeur immuable, on assemblera des rectangles sans jamais les recouper, les repliant à l’occasion pour former les bordures de l’ouverture (okumi) du vêtement. Les manches seront aussi formées d’un rectangle replié dans un lé de semblable largeur et séparées du corps du vêtement par une fente (furi). Le kimono conditionne une gestuelle mesurée, celle des pas, des mouvements du bras. Le corps, entravé dans la marche, le buste ceinturé d’une ceinture (obi), aussi rigide qu’un corset concourent à éloigner le formalisme du kimono de l’image aguichante qu’en donna James Tissot dans son célèbre tableau La Japonaise au bain (1864). »

Un siècle plus tard, la haute-couture se saisit du kimono, pour lui donner ses lettres de noblesse avec des créations vaporeuses aux manches amples, formes fluides et motifs floraux. Je me suis surprise moi-même en étant plus intéressée par ces créations de mode – les exemplaires présentés étant particulièrement riches visuellement (peignoir de J.P. Gaultier, tunique plissée de Miyake, kimono de Yamamoto, kimono « Ailes de Papillon » de F. Sorbier) que par les pièces antiques, même si ces dernières valent leur pesant d’or !

A noter : pour des raisons de conservation, les kimonos présentés seront remplacés à partir du 4 avril 2017.

 

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