Le jardin secret des Hansen

La collection Ordrupgaard

Jusqu’au 22 janvier 2018

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Catalogue de l’exposition : 

Musée Jacquemart-André, 158 boulevard Haussmann, Paris 8e

Le musée Jacquemart-André accueille une partie de la collection Ordrupgaard, rassemblée par les Danois Henny (1870-1951) et Wilhelm (1868-1936) Hansen, au début du 20e siècle. Le couple Hansen se passionne pour les Impressionnistes, rassemblant entre 1916 et 1918, la plus importante collection d’artistes français au Danemark.

Originaire de Copenhague, Wilhelm Hansen fait carrière dans l’assurance. Son intérêt pour l’art remonte à son amitié d’enfance avec Peter Hansen, qui deviendra l’un des membres du collectif de peintres danois Fyynboerne et l’introduira dans le milieu artistique. C’est au cours de ses nombreux déplacements professionnels à Paris que W. Hansen découvre la peinture moderne française.

Le couple rassemble ses oeuvres dans leur résidence secondaire, située au nord de Copenhague. Elle comprend une maison de campagne et une galerie d’art, ouverte au public une fois par semaine. A la mort de Henny, l’Etat transforme le manoir en musée (1953). Il comprend aujourd’hui une extension réalisée par Zaha Hadid (2003-2005).

Si les Hansen souhaitaient acquérir douze toiles par artistes impressionnistes – ambition non réalisée -, leur sélection d’oeuvres n’en reste pas moins représentative du courant moderne français. Le parcours expose une quarantaine d’oeuvres, de Corot à Gauguin, en passant par Manet, Monet, Renoir, Cézanne, et Sisley. Selon Anne-Birgitte Fonsmark (directrice du musée Ordrupgaard, commissaire de l’exposition), « cet ensemble est non seulement l’un des plus beaux d’Europe du Nord, mais sa qualité est mondialement reconnue ».

La première salle présente la peinture de paysage et son évolution stylistique au 19e siècle. « En choisissant Corot comme premier jalon de sa collection de peinture française, Wilhelm Hansen a décidé de rendre hommage à celui qui est traditionnellement considéré comme le ‘dernier des classiques et le premier des modernes' », explique la commissaire. Wilhelm s’intéresse particulièrement aux oeuvres matures de Corot – après 1834 – date du second séjour italien de l’artiste.

Les Hansen font dialoguer ce précurseur de l’art moderne avec les oeuvres du père de l’impressionnisme, Claude Monet (1840-1926). Aux vues réalistes de Corot répondent la touche fugace de Monet pour traduire les variations atmosphériques, comme dans Pont de Waterloo, temps gris (1903).

La deuxième salle aborde deux grands ensembles monographiques consacrés à Camille Pissarro (1830-1903) et Alfred Sisley (1839-1899). Les tableaux de Pissarro correspondent aux principales périodes de création de l’artiste, et témoignent de son indépendance en matière de gamme chromatique (Pruniers en fleurs, 1894 ; Effet de neige à Eragny, 1894). Tandis que ceux de Sisley se concentrent sur les paysages d’Ile-de-France, ses motifs récurrents de crues et d’études de cieux.

La troisième salle rassemble des natures mortes d’une grande simplicité de composition mais de couleurs audacieuses. Wilhelm Hansen aimait montrer La corbeille de poires (1882) de Manet comme « un dessert supplémentaire après la glace ».

Comme un contrepoint à la nature, les oeuvres de Degas se concentrent sur des figures. Femme se coiffant (1894) est construit uniquement par la couleur, hormis les traits noirs qui forment le corps. Le rouge orangé de la chevelure se détache sur un fond vert criard. Le cadrage resserré sur le geste de la femme apporte une note intime.

Dans la cinquième salle se confrontent Les Falaises d’Etretat (1869) de Courbet aux marines de Charles-François Daubigny (1817-1878) et celles de son fils Jules Dupré (1811-1889), respectivement Pleine mer, temps gris et La Mer.

La salle 6 réunit quelques exemples d’art danois, rassemblés dans les années 1890 par les Hansen, bien avant leurs acquisitions d’art français (1916). Citons Vilhelm Hammershoi, Christen Kobke ou encore L.A. Ring.

La septième salle rassemble une galerie de portraits impressionnistes. Renoir, Berthe Morisot, Eva Gonzalès (1849-1863) et Cézanne donnent libre cours à des expériences chromatiques.

Audaces qui se terminent en apothéose avec Les Arbres bleus de Paul Gauguin. « L’un des tableaux qui contient le plus de mystères dans l’histoire de l’art », commente Anne-Birgitte. En raison du deuxième titre donné par l’artiste Vous y passerez, la belle !

Une très belle collection à découvrir, à vous donner envie de faire une virée dans le Nord ! En introduction, ne pas manquer le documentaire dans lequel A.-B. Fonsmark commente quelques oeuvres de la collection.

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