Les Impressionnistes à Londres

Artistes français en exil, 1870-1904

Jusqu’au 13 octobre 2018

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Catalogue de l’exposition : 

Petit Palais, Avenue Winston Churchill, Paris 8e

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Le Petit Palais s’associe à la Tate Britain pour présenter les oeuvres d’artistes français exilés à Londres, suite à la guerre franco-prusse (1870) puis à l’insurrection de la Commune (1871). Des toiles de Monet, Pissarro, Sisley, Tissot, Legros et des sculptures de Carpeaux, Rodin et Dalou sont confrontées à celles de leurs homologues britanniques dont Alma-Tadema, Burne Jones ou Watts. Fascinant !

 

Si Alphonse Legros réside à Londres depuis 1863, Claude Monet et Camille Pissarro s’y exilent à la fin des années 1870 pour fuir la guerre franco-prusse. Les paysages de la capitale britannique, en plein essor industriel, les surprend avec ses vertes étendues.
Le marchand d’art parisien Paul Durand-Ruel s’y installe également et ouvre une galerie qui permet de diffuser les oeuvres des peintres français.

James Tissot s’intègre parfaitement à Londres, où il fait fortune grâce à ses représentations de scènes de genre. Il peint avec précision la haute société victorienne, ses codes et ses loisirs (concerts, bals, pique-niques, promenade en bateau sur la Tamise). Marié à une anglaise et rapidement naturalisé, il devient l’un des professeurs de peinture et de dessin les plus renommés de la capitale.

A l’inverse, Monet n’arrive pas à vendre ses toiles. La Royal Academy n’apprécie pas son style qui accorde plus d’importance à la modernité et à la matérialité de la peinture plutôt qu’au sujet historique et à la morale.

Même déconvenue pour le sculpteur Jean-Baptiste Carpeaux, réfugié à Londres à la chute de son mécène Napoléon III.
En revanche, son élève Jules Dalou, ex-communard, est bien accueilli par ses confrères anglais. Il enseigne la sculpture et vend ses oeuvres aux riches financiers et propriétaires terriens.

Malgré leurs années difficiles à Londres, Monet et Pissarro, dont les fils Lucien et Georges s’installent dans la capitale britannique, reviennent régulièrement pour peindre en plein air les nouveaux loisirs des citadins transportés par chemins de fer, les parcs (Hyde Park, Kew Gardens) et les effets de brouillard sur la Tamise. De 1899 à 1901, Monet choisit un angle du fleuve pour le représenter chaque jour à différents moments de la journée.

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L’exposition s’achève sur les oeuvres de André Derain, qui répond par des couleurs fauves à Monet en reprenant les mêmes motifs (1906/07) : Big Ben, le Parlement et les bateaux de la Tamise.

Le parcours est ponctué de dispositifs multimédia bien pensés. Dans plusieurs salles, on peut décrocher un micro pour suivre la conversation, en français ou en anglais, d’Arthur Gordon, journaliste travaillant à Paris avant la guerre, et de sa cousine Dorothy Bailey, jeune étudiante en peinture à Londres. Leurs échangent évoquent les débats artistiques de l’époque et les lieux fréquentés par la communauté française à Londres.
Une section intitulée « L’Art Club », conçue comme un club londonien, propose une carte de la ville avec 80 points qui donnent des informations sur les artistes, personnalités et lieux de sociabilité des sites représentés sur les tableaux de l’exposition.
Enfin, un espace pédagogique, « L’Art Studio » est dédié aux techniques des artistes présentés dans le parcours.

Le tout est rondement mené ! La confrontation entre les artistes français et anglais est édifiante. Les oeuvres emblématiques de Monet (Le Parlement de Londres, vers 1900/01 – série exposée en demi-cercle comme Les Nymphéas), Sisley (Vue de la Tamise : le pont de Charing Cross, 1874) mis en parallèle avec Pissarro (Charing Cross Bridge, 1890) ravissent nos pupilles. Sans oublier les fascinantes Nocturnes, lumières de Cremorne (1872) de James Abbott McNeill Whistler. Bref, l’exposition de l’été à ne pas rater !

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