Hervé Fischer

L’art sociologique

Jusqu’au 11 septembre 2017

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Pour acheter le catalogue de l’exposition : 

Centre Pompidou, Galerie du Musée, Niveau 4, Paris 4e

Le Centre Pompidou présente une exposition consacrée à l’art sociologique instigué par Hervé Fischer (né en 1941 à Bourg-la-Reine, vit et travaille à Montréal). Cet ancien élève de l’ENS et professeur de la sociologie de la culture et de la communication à la Sorbonne réalise depuis les années 1970 des performances et oeuvres picturales, autour de réflexions économiques, philosophiques et éthiques sur notre société.

Chronologique, le parcours débute par les oeuvres « Hygiène de l’art » des années 1970 pour se terminer sur ses grandes toiles actuelles en rapport avec l’ère numérique, des codes-barres aux flash-codes. Les différentes thématiques sont indiquées par des panneaux de signalisation, qui évoquent les interdictions et obligations régissant notre société. Le plus emblématique représente un panneau d’interdiction avec écrit dessus : art – avez-vous quelque chose à déclarer ? ; il est reproduit à grande échelle sur le parvis de la place Georges Pompidou.

Dans l’ambiance révolutionnaire de mai 1968, H. Fischer s’en prend à la tradition élitaire du monde de l’art et entreprend un « décrassage culturel » qu’il applique au sens propre : il achète des rouleaux de tissus blancs que l’on trouvait dans les toilettes publiques pour s’essuyer les mains et y peint des mains rouges et bleues, dans un souci de patriotisme !

L’artiste entreprend de déchirer toutes ses oeuvres dont il regroupe les débris dans des sachets plastiques. Il invite des artistes mondialement connus à faire de même, lançant un mouvement collectif à partir d’une initiative individuelle, « la définition même de la sociologie », selon l’intéressé.

Hervé Fischer invente ensuite la Pharmacie Fischer. Dans différentes villes du monde, il propose à des inconnus de lui parler de leurs problèmes personnels et de leur prescrire des pilules à penser, renouvelables à vie !

Les interventions publiques qu’il entreprend avec Jean-Pierre Thénot et Fred Forest au sein du Collectif Art Sociologique sont évoquées par des reproductions photographiques aux murs.

L’artiste représente la France à la Biennale de Venise de 1974.

Dans les années 1980, il s’installe au Québec où il se consacre plus particulièrement d’abord au langage binaire puis aux arts numériques. Une série de peintures représente des codes-barres, synonymes de ses états émotionnels. En face, des tableaux reflètent les diagrammes quantitatifs omniprésents dans notre société de consommation.

A partir des années 2000, l’artistes explore les imaginaires individuels et sociaux. Peintures représentant les différents âges de la vie avec incarnation du nouveau né à travers la tortue sur le dos les 4 pattes en l’air, l’ourson (l’enfant s’assoit), le pingouin (il se met debout), le homard (l’adolescent pince car il se venge de ses frustrations du stade de la tortue, quand il dépendait d’autrui pour satisfaire ses besoins »), les papillons. Pour Hervé Fischer : « le nouveau né ne vient pas au monde mais c’est le monde qui vient à lui, l’agressant avec ses couleurs et ses bruits ».

Une dernière salle explore l’importance des réseaux sociaux. Les visiteurs sont invités à scanner des toiles pour découvrir des messages et twitter autour du hashtag #conscienceaugmentee. Sur des écrans défilent des « tweet arts » diffusés internationalement, composés par l’artiste, les visiteurs du Centre Pompidou et les habitants de « Poitiers Ville du tweet art », dans le cadre d’une collaboration avec cette ville.

Une toile intitulée Sisyphe et la tour de Babel (2010) résume l’esprit, certes critique mais résolument optimiste de l’artiste, qui croit au progrès et à la non diabolisation de la destruction de la tour de Babel. Car sans elle, il n’y aurait pas eu cette multiplicité linguistique et culturelle. Un intellectuel artiste qui lie ses théories à son art – captivant !

 

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