Foujita

Peindre dans les Années Folles

Jusqu’au 15 juillet 2018

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Catalogue de l’exposition : 

Musée Maillol, 59/61 rue de Grenelle, Paris 7e

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Japonais naturalisé Français, Tsuguharu Foujita (1886-1968) a eu une vie affranchie et une carrière foisonnante, teintée de multiculturalisme. Comme le dévoile l’exposition du musée Maillol qui se concentre sur sa fructueuse période parisienne, de 1913 à 1931.

Foujita sera à la fois un peintre perfectionniste, un photographe ouvert sur le monde, et un illustrateur d’écrits. Après son baptême en 1959, il se fait appeler Léonard en référence à Léonard de Vinci.

Né à Tokyo d’un père général de l’armée impériale, Foujita étudie aux Beaux-Arts de Tokyo et débute sa carrière avec succès.
Pourtant, il rêve d’un Paris moderne, libre et créateur. Il prépare son départ pendant dix ans.
Il arrive dans la capitale en 1913, à l’âge de 27 ans ; il s’installe à Montparnasse. Il étudie les maîtres au musée du Louvre et la création locale (Modigliani, Zadkine, Soutine, Picasso, le Douanier Rousseau) pendant trois ans. Avant de s’en affranchir pour suivre une modernité particulière, qui lie sa culture natale à celle de son pays d’adoption.

Considéré comme un Français par les Japonais et un Japonais par les Français, Foujita, avec sa frange, sa moustache, son anneau d’oreille, ses lunettes rondes, incarne le dandy des Années Folles – temps d’un entre-deux guerres vécu comme une parenthèse festive.

« Il a l’air de ne toucher à rien, de promener seulement la pointe d’un crayon bien taillé sur la toile, mais ce trait a une sûreté, une exactitude de compas », disait de lui Emile Henriot.

Femmes, chats, natures mortes, enfants et autoportraits sont ses thèmes de prédilection. Les visages ont un ovale simplifié, des yeux en amande, une bouche minuscule. Il aime offrir son autoportrait plutôt que des fleurs : « Garde ma tête, au moins elle ne fane pas ! ».
Ses nus – genre alors peu développé au Japon – prennent le ton des blancs des Geisha des estampes. Il appelle sa compagne Lucie Badoud « Youki », qui veut dire neige en Japonais.

Lorsque Foujita s’adresse à un public japonais, il cherche son inspiration dans les oeuvres européennes emblématiques. Inversement, il puise dans les sources japonaises quand il répond à une commande parisienne.

A partir des années 1930, l’artiste réalise de grandes compositions. Il y inscrit de multiple hommes et animaux au combat : chacun possède ses propres traits, dans un style maniériste. Il réalise également le décor de meubles en bois.

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Mais la récession de 1929 gagne l’Europe. Alors qu’il se remet difficilement d’un redressement fiscal, il décide de tourner la page européenne. Il s’envole vers Buenos-Aires puis l’Argentine, avec une nouvelle compagne, Madeleine Lequeux. Cette dernière meurt subitement à Tokyo.

Foujita retourne en France avec une jeune japonaise Kimiyo Horiuchi (1936). Une dizaine d’années plus tard, il acquiert une maison à Villiers-le-Bâcle (Essonne). Il se consacre à sa dernière oeuvre : la chapelle Notre-Dame-de-la-Paix à Reims.

Cette rétrospective rend hommage à l’oeuvre protéiforme de Foujita : dessins, peintures, objets personnels, photographies sont présentés (soit une centaine d’oeuvres). La scénographie souligne les fantaisies d’un homme extravagant et les différentes étapes de son ascension au sommet de son art. Sans omettre ses revers de fortune et de coeur, sur lesquels l’artiste brillant saura toujours rebondir.

 

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