Les fôrets natales

Arts d’Afrique équatoriale atlantique

Jusqu’au 21 janvier 2018

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Catalogue de l’exposition : 

Musée du quai Branly – Jacques Chirac, quai Branly, Paris 7e

Le musée du quai Branly a contribué à faire reconnaître les oeuvres anciennement appelées primitives en tant qu’oeuvres à part entière. Il s’attelle maintenant à présenter une histoire de l’art des principaux styles de l’Afrique équatoriale atlantique, marquée par l’expansion bantoue.

Yves Le Fur (directeur du département du patrimoine et des collections du musée), commissaire de l’exposition, entend démontrer par cette exposition que la région de l’Afrique équatoriale atlantique, du fait des migrations incessantes des populations du sud du Cameroun, de la Guinée équatoriale, de la République gabonaise, et de l’Ouest de la République du Congo, a été un lieu d’échanges artistiques prolifiques.

Le parcours explore ainsi les particularités et les mutations des formes des arts dans la région, autour des masques et des figures de reliquaire, que l’on retrouve chez tous les principaux groupes culturels de la région : Fang, Kota, Tsogo, Punu.

« Si le génie plastique des artistes s’est exprimé dans de nombreux domaines par la création d’un foisonnement d’objets, armes, instruments de musique, portes et cuillers, l’ensemble des statues et des masques est à lui seul significatif de cette diversité et de cette identité », commente Yves Le Fur.

Si les statues sont liées aux cultes domestiques des ancêtres, les masques relèvent des entités spirituelles et interviennent dans le fonctionnement des sociétés, généralement pour rétablir un équilibre. « Les masques aujourd’hui ne sont plus sortis que pour les fêtes et cérémonies, ils ont perdu leur aura politique et social », précise le commissaire de l’exposition.

NORD DE LA REGION

Chez les Fang, les reliques familiales sont sacrées et conservées dans des boîtes d’écorces cousues et gardées par des statuettes mêlant traits d’ancêtres et corps de nouveau-né. Les têtes se caractérisent par un suintement du bois, des yeux composés de rondelles de laiton ou en forme de grain de café, un vaste front bombé, et une chevelure tressée ou en forme de casque.

Les masques Ngil sont les plus connus d’Afrique équatoriale : il s’agit de ces longs masques en bois clairs, avec un front développé, et une ligne médiane qui part du front et descend jusqu’au nez.

Les masques des Kwele sont particulièrement stylisés et géométriques. Les Kwele accordent une place importante aux esprits de la forêt, les ekuk, qui s’incarnent dans des masques anthropozoomorphes (antilope, gorille, éléphant). Ces masques sortent des réserves du musée du quai Branly – Jacques Chirac et ont été très peu montrés au public.

EST DE LA REGION

Les Kota ont recours à des masques-heaumes au visage humain, de facture expressionniste et anguleuse, coiffé d’une crête sagittale (verticale, scindant la tête en deux). Beaucoup de leurs masques sont polychromes.

Etrangement, leurs gardiens de reliquaires sont en cuivre alors que le sol n’en regorge pas (à l’inverse de l’or). Les experts ne savent pas expliquer pourquoi les artistes ont préféré ce matériau, arrivé par la côte avec les Portugais (monnaie d’échange). La figure de reliquaire Kota est destinée à être vu de face, dans la pénombre, le décor métallique étant régulièrement lustré au sable pour en aviver l’éclat, notamment avant les cérémonies.

Les sculptures des M’bede – très peu connues – présentent une cavité dorsale aménagée dans l’épaisseur du tronc et fermée par un volet attaché par des liens végétaux. Elles conservent des fragments d’ossements humains et animaliers et des ingrédients magiques.

 

SUD DE LA REGION

Les masques les plus légendaires sont ceux des Punu. Il en existe une variété noire et une blanche, dont la pénombre de la salle finale d’exposition, fait ressortir la pâleur des visages. Le visage est ensuit de terre argileuse blanchâtre, surmonté d’une coiffe invariablement noire, les yeux sont toujours mi-clos. Le nez est de facture naturaliste, de type européen tandis que la bouche révèle des lèvres ourlées projetées en avant, teintes en rouge. Le front et les temples sont marqués de motifs scarifiés, toujours de ton rouge vif. Leur stylisation est telle que l’on a pensé originellement qu’ils n’avaient pas pu être réalisés par des Africains. La légende raconte qu’un cargo provenant du Japon aurait fait naufrage et les artistes locaux auraient copié ces merveilles ! Ces masques sont très recherchés et proviennent essentiellement de collections privées.

Le titre de l’exposition fait référence à un poème de G. Apollinaire, Les fenêtres, publié en 1913. « du rouge au vert, tout le jaune se meurt, quand chantent les aras dans les forêts natales ». Les esprits proviennent des forêts en Afrique (de la mer en Océanie) et semblent s’incarner dans ces statues ou masques à l’expressivité puissante. Leur rassemblement ici est tout simplement « hallucinant » !

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