Josef Koudelka

La fabrique d’Exils

Jusqu’au 22 mai 2017

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Pour acheter le livre Exils

Centre Pompidou, Galerie de Photographie, Niv. -1, Paris 4e, Entrée libre.

Suite à une donation de 75 photographies de l’ouvrage photographique Exils du Tchèque Josef Koudelka (né en 1938), le Centre Pompidou organise une rétrospective sur la genèse de ce projet, considéré par les spécialistes comme une perle rare.

L’image la plus emblématique d’Exils, qui introduit l’exposition, représente l’avant-bras du photographe, montre au poignet, devant la place Venceslas à Prague (Invasion, Prague, 1968). L’avenue est déserte. La veille les chars de l’Armée rouge sont entrés dans Prague. Une fausse rumeur incite la population à venir protester sur cette place. Il s’agit en fait d’un piège fomenté par Moscou afin d’avoir un prétexte pour écraser la manifestation et justifier a posteriori l’invasion. Mais les Praguois sont prévenus à temps et personne ne se déplace.

Cette première image, symbole du futur livre Exils, annonce le départ du photographe de sa terre natale. Menant une vie nomade, il passe les étés sur les routes européennes suivant les rassemblements de gitans (festivals, carnavals, fêtes du solstice ou de la semaine sainte), et les hivers à Londres ou Paris, où il développe, édite et tire ses photographies.

Le parcours reproduit les associations d’images qui ont présidé à la réalisation d’Exils, publié par les Editions Delpire. « On posait des petits tirages sur la table et on découvrait des subtilités dans les associations d’images. Sans hâte, on construisait une séquence puis on y retournait quelques jours plus tard, le regard neuf. Plaisir d’assembler. Deux regards. Celui qui a vu. Et celui qui regarde ce que l’autre a vu. La toute première maquette a été montée en 1983. Aujourd’hui, 30 ans et de nombreuses maquettes plus tard, on a fait la troisième et dernière version de ce livre. Cela a pris du temps », raconte Robert Delpire (2013).

Le livre se distingue par des photographies isolées, imprimées uniquement sur la page de droite, sans légende, pour se démarquer des images de presse et s’absoudre de toute narration – comme le pratiquent les photojournalistes de l’agence Magnum dont J. Koudelka fait partie dès 1971. En outre, cela lui permet de leur octroyer le statut de chef-d’oeuvre.

L’exposition présente également les réveils du photographe dans ses divers lieux de pérégrination. « Joseph Koudelka ne louait ou ne possédait pas d’appartement jusqu’au milieu des années 1980 », raconte Clément Chéroux, commissaire de l’exposition. « Il ne possédait qu’un sac de couchage qu’il porte en bandoulière comme ses appareils photographiques.  Il dormait chez des amis, à l’agence Magnum, à la belle étoile. A force de photographier des gitans, il en est lui-même devenu un. Cette évolution l’a conduit à être de plus en plus présent dans ses images. » Il introduit son ombre, sa main, ses pieds. Puis il se prend le soir au coucher ou le matin au réveil, l’appareil à bout de bras. Des images inédites, exposées pour la première fois.

Au final, loin de photographier des foules, les rares figures qui paraissent sont souvent un morceau du photographe lui-même ! Il capture plutôt des vides, des absences, la solitude, en marge des rassemblements. Et révèle de ce fait l’essence même de l’exil.

 

 

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