Enquêtes vagabondes

Le voyage illustré en Asie d’Emile Guimet

Jusqu’au 12 mars 2018

Catalogue de l’exposition : 

Musée national des arts asiatiques – Guimet, 6 place d’Iéna, Paris 16e

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Le musée Guimet revient sur les origines de sa création par Emile Guimet dans une passionnante exposition qui nous emmène du Japon à la Chine, en passant par le Sri Lanka et l’Inde au début du XXe siècle.

Le parcours débute par un bref rappel biographique sur Emile Guimet (1836-1918), lyonnais de naissance et parisien d’adoption.
Son père fait fortune grâce à l’invention du bleu Guimet, pour remplacer le bleu outre-mer, obtenu chèrement à partir de brisures de lapis lazuli. C’est également le fondateur du groupe industriel Pechiney. Sa mère, peintre et musicienne, transmet à son fils son goût pour les arts. Emile dirigera une chorale, écrira des oeuvres musicales, et plus tard deviendra un collectionneur chevronné.

Emile Guimet se passionne également pour les civilisations anciennes. « Alors que je n’en étais qu’aux recherches égyptiennes, je sentais que ces objets que je réunissais restaient muets et que pourtant ils avaient des choses à me dire, mais je ne savais pas les interroger […] Des comparaisons s’imposaient avec les autres civilisations archaïques. Il fallait tourner mes regards vers l’Inde, la Chaldée, la Chine » (Emile Guimet).

Il demande alors au ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts de lui confier une mission d’étude sur les religions du Japon, de la Chine et des Indes (Arrêté du 10 avril 1876). L’officialisation de ses recherches lui ouvre des portes insoupçonnées, notamment au Japon, dont quelques villes viennent juste de s’ouvrir aux étrangers (1868). Il part accompagner du dessinateur de presse Félix Régamey, qui traduit en images les rencontres que Guimet fait sur place.

De retour en France, Emile Guimet ouvre un musée des religions à Lyon (1879). Devant le peu d’enthousiasme du public et de soutien de la ville, il transfère ses collections à Paris, qui deviennent bien public (1884). Lui-même est nommé directeur à vie du musée national des arts asiatiques – Guimet qui ouvre ses portes avec succès en 1888. « Les collections ne concernaient pas que les arts asiatiques initialement », précise Pierre Baptiste (conservateur, responsable des collections Aise du Sud-Est, MNAAG), co-commissaire de l’exposition. « Elles ont ensuite été dispersées notamment au musée du Trocadéro. »

Le parcours recrée l’univers de l’Exposition Universelle de 1900 et expose quelques-unes des céramiques japonaises et chinoises de Guimet, d’intérêt historique (plus qu’esthétique oserai-je dire !). Point d’orgue de l’exposition : la reconstitution d’un panthéon bouddhique – sorte de mandala en trois dimensions. « Au moment où Guimet se rend en Asie, le bouddhisme est en pleine déconfiture », remarque Cristina Cramerotti (conservatrice, collections de la bibliothèque, MNAAG), co-commissaire de l’exposition. « Les moines étaient contents de vendre leurs objets d’art ou du mobilier aux Européens qui les sauvaient en les plaçant dans des musées. C’est ainsi que ce sont constituées les collections des musées asiatiques crées à cette époque. »

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Des archives cinématographiques, ré-éditées par Pathé, sur les premiers pas de Guimet en Asie concluent ce magnifique parcours. Une sortie, qui peut tout à fait intéresser les enfants, à ne pas rater !

 

 

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