Derain, Balthus, Giacometti

Une amitié artistique

Jusqu’au 29 octobre 2017

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Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, 11 avenue du Président Wilson, Paris 16e

Le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris présente une exposition « regards-croisés » entre trois grands artistes du 20e siècle : André Derain (1880-1954), Balthus (1908-2001), et Alberto Giacometti (1901-1966). Plus qu’une admiration réciproque, ils partagent un même engouement pour la peinture ancienne et l’art des civilisations lointaines. Autant que pour la représentation de la réalité moderne « merveilleuse inconnue » qui se déroule sous leurs yeux.

L’exposition réunit plus de 350 oeuvres, principalement centrées sur les années 1930 à 1960.

Les trois artistes se rencontrent par l’intermédiaire du groupe des surréalistes à partir de 1934. Entre Saint-Germain-des-Prés et Montparnasse, ils se retrouvent autour d’écrivains (André Breton, Louis Aragon, Jean Cocteau, Albert Camus, Samuel Beckett, J.-P. Sartre, André Malraux), d’artistes issus du monde du théâtre (Antonin Artaud, Marc Allegret, Boris Kochno, Roger Blin, Jean-Louis Barrault), de la mode ((Jacques Doucet, Paul Poiret, Christian Dior). Et du marché de l’art (Pierre Loeb, Pierre Colle, Pierre Matisse).

Le parcours est scindé en huit sections. Il débute par leur intérêt commun pour la tradition figurative mêlée aux formes primitives. Dès 1906, Derain découvre, éberlué, au British Museum et à la National Gallery de Londres des oeuvres du « monde entier ». Son art se renouvelle et se métisse (Baigneuses, vers 1908 ; Joueur de cornemuse, 1910/11 ; Portrait d’Iturrino, 1914). Pour Giacometti, cette influence « exotique » se contemple dans sa Femme-cuillère (1926/27).

L’exposition se poursuit avec leurs paysages dont ils intensifient la présence en travaillant sur la « magie de la pesanteur » (Giacometti, Lac de Sils, 1921/22 ; Derain, Vue de Saint-Maximin). Quant à leurs natures mortes, elles interrogent les codes de représentation du genre (Derain, Nature morte aux oranges, 1931 ; Balthus, Nature morte avec une figure, 1940).

Viennent ensuite les portraits croisés de leurs amis, modèles et mécènes. Derain peint Carmen Colle, Bathus son époux Pierre. Isabel Rwasthorne pose pour Derain (1935) et Giacometti (1936).

La thématique du jeu est abordée à travers les divertissements enfantins (diabolo, cerceau ou petits bateaux du jardin du Luxembourg chez Balthus). Ils témoignent d’une certaine duplicité (les cercueils et les lignes creusées d’On ne joue plus, 1932, de Giacometti rappellent les tables sacrificielles méso-américaines) et cruauté (Derain, Arlequin et Pierrot, vers 1924, jouent d’instruments sans cordes et ces personnages typiques de la commedia dell’arte ont perdu leur sourire).

Un entracte présente leurs projets de théâtre, décors et costumes (Derain : L’Enlèvement au sérail, 1951 ; Le Barbier de Séville, 1953/ Balthus : Les Cenci, 1935 ; Cosi fan tutte, 1950 ; Jules César, 1960 / Giacometti : En attendant Godot, 1961).

Giacometti propose un monde onirique, visions de l’inconnu, explorées par Derain (Nu au chat, 1936/38) et Balthus (Jeune fille endormie, 1943) à travers des femmes endormies, à la lisière du fantasme et du vécu. Chez Giacometti, la sculpture-idéogramme Femme couchée qui rêve (1929) condense l’ondulation d’un corps féminin et celui d’un paysage.

Le parcours se clôt sur les heures sombres des années 1940. Finalement, la lumière l’emporte – couleurs résolument chaudes – dans les oeuvres de Balthus qui nous invite dans le présent continu de la peinture (Le Baigneur, 1960 ; Le Peintre et son modèle, 1980/81).

Un regard croisé inédit qui permet de redécouvrir l’essentiel des oeuvres de Derain, dont la dernière présentation à Paris remonte à 1994. D’apporter un nouveau regard sur celles de Giacometti. Et d’apprivoiser les figures mécaniques, aux visages disproportionnés, de Balthus.

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